Une orthophoniste libérale arrêtée pour maladie sait qu’elle touchera « quelque chose » de la CPAM. Elle sait moins sur quelle base ce montant est calculé, pourquoi il est souvent plus bas que prévu au micro-BNC, et ce que changent un emploi salarié à côté, une grossesse ou une reprise progressive. Cette page part de la règle pour arriver au montant, chiffres au 1er janvier 2026.
L’essentiel, en cinq points
- Au 1er janvier 2026, la CPAM verse à l’orthophoniste libérale en arrêt 1/730e de son revenu cotisé moyen des trois dernières années civiles, soit la moitié de son revenu journalier, dans la limite de 197,51 € bruts par jour. (ameli.fr, page mise à jour le 1er septembre 2026)
- Au micro-BNC, la base est formée des recettes diminuées de 34 % : 50 000 € encaissés par an donnent 45,21 € bruts par jour, et non 68,49 €. (ameli.fr ; urssaf.fr)
- Il faut 12 mois d’affiliation continus et avoir cessé son activité ; un même arrêt ouvre au plus 87 indemnités journalières. (ameli.fr ; décret n° 2021-755 du 12 juin 2021)
- L’arrêt envoyé à la CPAM n’est pas transmis à la CARPIMKO : la demande se fait dans les six mois suivant le premier jour de l’arrêt initial, cotisations entièrement réglées. (carpimko.com, montants 2026)
- Salariée et libérale en même temps, une orthophoniste peut être indemnisée au titre de chacune de ses activités, si elle remplit les conditions propres à chacune. (ameli.fr, page du 19 janvier 2026)
Comment se calcule l’indemnité journalière d’une orthophoniste libérale en arrêt maladie ?
Au 1er janvier 2026, l’indemnité journalière versée par la CPAM à une orthophoniste libérale en arrêt maladie est égale à 1/730e de son revenu d’activité annuel moyen, c’est-à-dire la moyenne des revenus sur lesquels elle a cotisé pendant les trois années civiles précédant l’arrêt, dans la limite de 197,51 € bruts par jour.
Diviser par 730 revient à verser la moitié du revenu journalier moyen, puisque 730 correspond à deux fois 365. Le revenu retenu n’est pas le chiffre d’affaires : c’est l’assiette sur laquelle l’Urssaf a calculé les cotisations d’assurance maladie (article D.622-7 du Code de la sécurité sociale).
Cette moyenne est plafonnée à trois plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 144 180 € (3 x 48 060 €) au 1er janvier 2026, selon ameli. En sens inverse, ameli ne publie aucun montant minimal pour les libéraux : en début d’activité ou avec une petite activité libérale, demandez à la CPAM la base qu’elle retiendra.
Deux mécanismes réduisent le montant. Des cotisations d’assurance maladie impayées sur une année réduisent le revenu de cette année dans la même proportion, sauf délais de paiement respectés (article D.622-7). Et l’indemnité est brute : 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS y sont prélevés, et elle est imposable, sauf arrêt lié à une affection de longue durée exonérante.
Ces indemnités couvrent au plus 87 jours pour un même arrêt et s’arrêtent au 90e jour ; la CARPIMKO peut ensuite verser une allocation forfaitaire, sur demande. L’enchaînement complet des deux régimes est présenté dans notre page sur la prévoyance de l’orthophoniste libérale.
Combien touche concrètement une orthophoniste en arrêt, selon son revenu ?
Une orthophoniste libérale qui a cotisé en moyenne sur 34 000 € par an au cours des trois dernières années civiles touche 46,58 € bruts par jour d’arrêt maladie au 1er janvier 2026, soit environ 43,46 € après CSG et CRDS ; les trois profils fictifs ci-dessous montrent comment ce montant varie selon le revenu et le régime fiscal.
| Profil fictif | Revenu retenu | Indemnité brute par jour | Après CSG et CRDS (environ) | Total brut si l’arrêt atteint 90 jours (87 indemnités) |
|---|---|---|---|---|
| Orthophoniste au réel, revenus cotisés de 30 000 €, 34 000 € et 38 000 € | 34 000 € | 46,58 € | 43,46 € | 4 052,46 € |
| Orthophoniste au réel, revenus cotisés de 52 000 €, 55 000 € et 58 000 € | 55 000 € | 75,34 € | 70,29 € | 6 554,58 € |
| Orthophoniste au micro-BNC, 50 000 € de recettes par an | 33 000 € | 45,21 € | 42,18 € | 3 933,27 € |
Le plafond de 197,51 € n’est atteint qu’à partir de 144 180 € de revenu moyen. À l’autre bout, une année à faible revenu (installation, temps partiel, interruption d’activité) continue de peser sur la moyenne tant qu’elle fait partie des trois années civiles retenues.
Orthophoniste au micro-BNC : sur quel revenu la CPAM calcule-t-elle l’indemnité ?
Pour une orthophoniste libérale imposée au micro-BNC, la CPAM calcule l’indemnité journalière sur ses recettes diminuées de l’abattement forfaitaire de 34 %, et non sur tout ce qu’elle a encaissé : à recettes égales, l’indemnité est donc inférieure d’environ un tiers à ce que donnerait un calcul sur le chiffre d’affaires.
Une précision, car la confusion est répandue : une orthophoniste conventionnée ne peut pas être auto-entrepreneuse, l’Urssaf excluant ce statut pour les praticiens et auxiliaires médicaux. Elle peut en revanche être au micro-BNC, qui est un régime d’imposition : ses cotisations sont alors calculées sur les recettes après abattement de 34 %, précise l’Urssaf.
Exemple fictif : une orthophoniste encaisse 50 000 € par an pendant trois ans. La base retenue est de 50 000 € moins 34 %, soit 33 000 €, et son indemnité de 33 000 / 730 = 45,21 € bruts par jour. Un calcul sur les recettes aurait donné 68,49 €. Sur un arrêt qui atteint 90 jours, l’écart dépasse 2 000 € bruts.
L’abattement s’applique quelles que soient les charges réelles. Au régime de la déclaration contrôlée, la base est l’assiette calculée par l’Urssaf à partir du bénéfice, dont le mode de calcul a changé avec la réforme appliquée aux revenus 2025 : partez de vos documents Urssaf, pas du résultat de la déclaration 2035.
Quelles conditions remplir pour toucher les indemnités de la CPAM ?
Pour toucher les indemnités journalières de la CPAM, un orthophoniste libéral doit justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continus au titre de son activité, disposer d’un arrêt prescrit dans les formes par un médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste, et avoir cessé son activité pendant toute la durée de l’arrêt.
- La prescription. L’arrêt est télétransmis ou établi sur le Cerfa sécurisé, seul formulaire papier accepté depuis le 1er juillet 2025. En téléconsultation, il est limité à 3 jours, sauf s’il vient du médecin traitant ou de la sage-femme référente.
- La durée. Un même arrêt ouvre au plus 87 indemnités journalières (article D.622-12 du Code de la sécurité sociale, créé par le décret n° 2021-755 du 12 juin 2021). Sur une période de trois ans, l’Assurance Maladie indique un maximum de 360 indemnités, tous arrêts confondus.
- La carence. Les trois jours de carence s’appliquent à chaque nouvel arrêt, sauf prolongation après une reprise de 48 heures au plus, affection de longue durée (seul le premier arrêt sur trois ans les subit) et arrêt consécutif à une fausse couche.
- Le non-cumul. Les indemnités ne sont pas dues à l’assuré qui perçoit une pension d’invalidité, un revenu de remplacement visé à l’article L.311-5 comme les allocations chômage, ou des indemnités de maternité (article D.622-2 du Code de la sécurité sociale).
- L’accident. Le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ne couvre pas automatiquement l’accident du travail : un accident au cabinet est indemnisé comme un arrêt maladie. L’assurance volontaire accidents du travail de la CPAM couvre les soins et l’incapacité permanente ; ameli n’y mentionne pas d’indemnités journalières.
Que se passe-t-il si l’arrêt survient pendant la première année d’exercice ?
Un orthophoniste installé ou installée en libéral depuis moins de 12 mois n’a pas encore droit aux indemnités journalières de la CPAM au titre de cette activité, mais l’arrêt peut être indemnisé au titre du maintien de droits de l’activité précédente, par exemple un emploi salarié, sous des conditions que seule la CPAM peut vérifier.
Jusqu’à la fin de la troisième année civile d’affiliation, le calcul s’adapte : faute de trois années complètes, la CPAM rapporte le revenu pris en compte depuis le début de l’activité au nombre de jours d’activité, ramené à 365 (article D.622-7, II). Ce que cela implique pour s’organiser dès l’installation est détaillé dans notre page sur la protection sociale de la première année en libéral.
Les montants ci-dessus ne disent rien tant qu’on ne les met pas en face de ce que vous gagnez habituellement. Voici le calcul complet, mois par mois, sur les six premiers mois d’un arrêt continu, pour deux niveaux de revenu courants chez les infirmiers et infirmières libérales.
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Quelles démarches faire auprès de la CPAM pendant l’arrêt ?
Un orthophoniste libéral arrêté dispose de 48 heures pour faire parvenir son avis d’arrêt de travail à sa CPAM : si le médecin l’a télétransmis, il n’y a rien à envoyer et le volet 3 se conserve ; s’il est établi sur papier, les volets 1 et 2 doivent partir au service médical dans ce délai.
Au premier retard, la CPAM envoie un rappel ; au deuxième, les indemnités peuvent être nettement réduites, et un avis jamais envoyé avant la fin de l’arrêt n’est pas indemnisé. Une prolongation, prescrite par le médecin de l’arrêt initial ou le médecin traitant, s’envoie dans le même délai.
La CPAM peut contrôler la présence au domicile ou convoquer au service médical. Si les sorties sont autorisées avec restrictions, il faut être chez soi de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, week-ends et jours fériés compris, sauf soins. Une reprise anticipée se déclare dans les 24 heures, et les indemnités arrivent tous les 14 jours en moyenne (démarches du travailleur indépendant sur ameli.fr).
Faut-il déclarer son arrêt à la CARPIMKO ?
Oui, dès qu’un arrêt peut dépasser 90 jours : la CARPIMKO ne reçoit pas l’arrêt transmis à la CPAM, et l’orthophoniste libérale doit elle-même lui adresser une demande d’allocations journalières dans les six mois qui suivent le premier jour de l’arrêt initial, en étant à jour de toutes ses cotisations.
La demande se fait dans l’espace personnel CARPIMKO, par le service de déclaration d’un arrêt ou d’une prolongation. Le délai de six mois court depuis le premier jour de l’arrêt initial, pas depuis le 91e : un arrêt prolongé plusieurs fois peut faire oublier cette échéance.
La notion de cotisations à jour est stricte. Pour la CARPIMKO, une orthophoniste qui bénéficie d’un délai de paiement, même en prélèvement automatique, ou qui n’a pas soldé une mise en demeure n’est pas à jour, et n’est indemnisée qu’à partir du mois qui suit le règlement complet. Au 1er janvier 2026, l’allocation est de 55,44 € bruts par jour quel que soit le revenu, majorée de 8,06 € par descendant fiscalement à charge et de 20,16 € si l’état de santé impose l’aide d’une tierce personne.
Salariée et libérale : qui indemnise l’orthophoniste en exercice mixte ?
Une orthophoniste à la fois salariée relevant du régime général et libérale peut percevoir des indemnités journalières au titre de chacune de ses deux activités, qui se cumulent, à condition de remplir séparément les conditions d’ouverture de droits propres à chaque activité, selon l’Assurance Maladie.
Côté libéral, le calcul reste celui du 1/730e sur le seul revenu libéral cotisé. Côté salarié, l’indemnité suit les règles des salariés : la moitié du salaire journalier de base, dans la limite de 42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026 selon ameli, avec un éventuel maintien de salaire prévu par la convention collective.
Un arrêt vaut en principe pour toutes les activités : selon une réponse certifiée du forum de l’Assurance Maladie, en poursuivre une suppose que le médecin l’ait expressément autorisée sur la prescription, et l’indemnité libérale exige d’avoir cessé l’activité libérale. Le cas d’une orthophoniste fonctionnaire titulaire, qui relève d’un régime spécial, n’est pas détaillé par ameli : il se vérifie auprès de la CPAM et de l’employeur.
Arrêt maladie pendant la grossesse ou congé maternité : quelle différence ?
Pendant la grossesse d’une orthophoniste libérale, un arrêt maladie ordinaire relève des indemnités journalières maladie, avec leurs 12 mois d’affiliation, leur carence et leur calcul au 1/730e, alors que le congé pathologique prénatal, jusqu’à 30 jours prescrits une fois la grossesse déclarée, relève des prestations maternité, ouvertes avec 6 mois d’affiliation à la date prévue de l’accouchement. Un arrêt consécutif à une fausse couche est indemnisé sans carence. Si l’arrêt maladie dure, la CARPIMKO peut verser son allocation à partir du 91e jour, mais seulement jusqu’à la veille du congé maternité : depuis le 1er janvier 2025, elle n’indemnise plus la période du congé légal, prise en charge par l’Assurance Maladie. Les conditions et montants du congé sont détaillés dans notre page sur le congé maternité de l’orthophoniste libérale.
Un orthophoniste libéral peut-il reprendre en temps partiel thérapeutique ?
Oui, un orthophoniste libéral peut reprendre à temps partiel pour motif thérapeutique et recevoir de la CPAM une indemnité égale à la moitié de son indemnité journalière, pendant 90 jours au plus, si ce temps partiel est prescrit par son médecin traitant et suit un arrêt indemnisé à temps complet.
L’exigence d’un arrêt préalable à temps complet ne s’applique pas en cas d’affection de longue durée (article D.622-10 du Code de la sécurité sociale). Pour les libéraux, la limite de 90 jours vaut quel que soit le motif et se décompte à part des jours indemnisés à temps complet, selon une réponse certifiée du forum de l’Assurance Maladie. Après un arrêt de plus de 90 jours, la CARPIMKO prévoit elle aussi une reprise thérapeutique : allocation maintenue à 55,44 € pendant trois mois, puis 27,72 € pendant six mois au plus.
En résumé, l’indemnité de la CPAM se calcule sur ce que vous avez cotisé, pas sur ce que vous avez facturé, et elle laisse place au-delà de 90 jours à un forfait identique pour toutes les affiliées. Pour mettre ces montants en regard de vos charges fixes et voir comment un contrat peut compléter les deux régimes, consultez notre page sur la prévoyance de l’orthophoniste libérale. Le niveau d’indemnisation, la franchise et le revenu pris en compte varient selon les contrats et se vérifient dans vos conditions générales et particulières.
Combien touche une orthophoniste libérale en arrêt maladie ?
Au 1er janvier 2026, la CPAM verse 1/730e du revenu moyen cotisé des trois dernières années civiles, dans la limite de 197,51 € bruts par jour. Avec 34 000 € de revenu moyen, cela fait 46,58 € bruts par jour, environ 43,46 € après CSG et CRDS.
Une orthophoniste micro-entrepreneuse a-t-elle droit aux indemnités journalières ?
Une orthophoniste conventionnée ne peut pas être auto-entrepreneuse, mais elle peut être au micro-BNC. Elle a droit aux indemnités dans les conditions habituelles, calculées sur ses recettes diminuées de 34 % : 50 000 € de recettes donnent 45,21 € bruts par jour.
Peut-on continuer à recevoir quelques patients pendant un arrêt ?
Non, pas en conservant ses indemnités : la CPAM exige d’avoir arrêté l’activité, et une activité non autorisée peut entraîner leur réduction ou leur suppression. Une reprise progressive passe par un temps partiel thérapeutique prescrit par le médecin traitant.
Je suis salariée et libérale : qui m’indemnise ?
Les deux activités peuvent être indemnisées en même temps, chacune selon ses règles et sous ses propres conditions : le 1/730e du revenu libéral cotisé d’un côté, les règles des salariés et un éventuel maintien de salaire de l’autre.
Faut-il déclarer son arrêt à la CARPIMKO ?
Oui, si l’arrêt peut dépasser 90 jours. L’arrêt transmis à la CPAM ne l’est pas à la CARPIMKO : la demande se fait dans l’espace personnel, dans les six mois suivant le premier jour de l’arrêt initial, cotisations entièrement réglées.
Que se passe-t-il après 90 jours d’arrêt ?
La CPAM cesse de verser ses indemnités et la CARPIMKO peut prendre le relais, sur demande, avec une allocation forfaitaire de 55,44 € bruts par jour au 1er janvier 2026 ; l’enchaînement complet est présenté dans notre page sur la prévoyance de l’orthophoniste libérale.
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Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.
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