Quand un orthophoniste libéral s’arrête pour raison de santé, le régime obligatoire intervient en deux temps : la CPAM du 4e au 90e jour, puis la CARPIMKO à partir du 91e. Ce calendrier est commun à tous les affiliés de la caisse. Ce qui est propre au métier se joue ailleurs : dans la définition de l’invalidité quand l’outil de travail est la voix, l’audition et la concentration, et dans le traitement des arrêts liés à la grossesse, pour une profession très majoritairement féminine.
L’essentiel, en cinq points
- Les trois premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés. Du 4e au 90e jour, la CPAM verse 1/730e du revenu annuel moyen, au plus 197,51 € brut par jour, après 12 mois d’affiliation continus. (ameli.fr, montant au 1er janvier 2026)
- À partir du 91e jour, la CARPIMKO verse 55,44 € brut par jour, quel que soit le revenu, jusqu’à la fin de la troisième année d’incapacité, sur une demande distincte à faire dans les six mois. (carpimko.com, montant 2026)
- La rente d’invalidité de la CARPIMKO démarre à la quatrième année d’incapacité ; l’invalidité partielle suppose au moins 66 % d’incapacité professionnelle. (carpimko.com, statuts du régime invalidité-décès)
- Depuis le 1er janvier 2025, la CARPIMKO n’indemnise plus la période du congé maternité légal : elle couvre un arrêt pendant la grossesse à partir du 91e jour et jusqu’à la veille du congé. (carpimko.com)
- Au régime réel, les cotisations d’un contrat éligible sont déductibles dans la limite de 3 364,20 € plus 3,75 % du bénéfice, sans dépasser 11 534,40 € en 2026. En micro-BNC, elles ne le sont pas. (article 154 bis du CGI, PASS 2026 ; BOFiP)
Que verse le régime obligatoire à une orthophoniste libérale en arrêt de travail ?
Au 1er janvier 2026, une orthophoniste libérale en arrêt de travail ne perçoit rien du régime obligatoire pendant les trois premiers jours, puis une indemnité de la CPAM du 4e au 90e jour, calculée sur son revenu, puis une allocation forfaitaire de la CARPIMKO de 55,44 € par jour à partir du 91e jour.
Le tableau suit un arrêt dans le temps, jusqu’à l’invalidité ou au décès. Il vaut pour tous les affiliés de la CARPIMKO : les montants ne dépendent pas de la profession.
| Période | Qui verse | Ce qui est versé | À savoir |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | Aucune indemnité : c’est le délai de carence de la CPAM. | Pas de carence en cas de prolongation après une reprise de 48 heures au plus, d’affection de longue durée (sauf premier arrêt sur trois ans) ou d’arrêt après une fausse couche. |
| Jours 4 à 90 | CPAM | 1/730e du revenu annuel moyen des trois années civiles précédant l’arrêt, dans la limite de 197,51 € brut par jour. | 12 mois d’affiliation continus exigés. Revenu retenu plafonné à 3 fois le PASS, soit 3 x 48 060 €. |
| Du 91e jour à la fin de la 3e année | CARPIMKO | 55,44 € brut par jour, identique pour toutes les affiliées. Majorations : 8,06 € par jour par descendant à charge, 20,16 € par jour pour tierce personne. | Demande à faire dans les 6 mois suivant le premier jour de l’arrêt initial. Cotisations CARPIMKO à jour. |
| À partir de la 4e année d’incapacité | CARPIMKO | Rente d’invalidité forfaitaire : totale, ou partielle en cas d’incapacité professionnelle d’au moins 66 %. | Taux apprécié par le médecin-conseil de la caisse. Rente réduite ou supprimée si un reclassement dans une autre profession est jugé possible. |
| Décès en activité | CARPIMKO | Capital de 54 432 € au conjoint ou partenaire de PACS avec descendant à charge, 36 288 € sans descendant. Rente de survie de 10 080 € par an, rente d’éducation de 7 560 € par an et par enfant. | Affiliée de moins de 70 ans, à jour de ses cotisations. Déclaration dans les 2 ans ; rien n’est versé sans demande. |
L’arrêt déclaré à la CPAM n’est pas transmis à la CARPIMKO. Au-delà de 90 jours, c’est à vous de le déclarer à la caisse, en ligne, dans les six mois suivant le premier jour de l’arrêt initial. Autre piège : un délai de paiement accordé par la caisse suffit à vous faire considérer comme n’étant pas à jour, ce qui bloque l’indemnisation. Le calcul de l’indemnité de la CPAM est détaillé dans notre page sur l’arrêt maladie de l’orthophoniste libéral.
Pourquoi l’indemnité du 91e jour ne suit-elle pas votre revenu ?
L’allocation journalière versée par la CARPIMKO à partir du 91e jour d’arrêt est un forfait fixé par la caisse, 55,44 € brut par jour en 2026, identique pour toutes les affiliées : elle ne tient compte ni du chiffre d’affaires, ni du revenu, ni du nombre de séances réalisées par l’orthophoniste avant son arrêt. Pour 30 jours, cela représente 1 663,20 € brut, quel que soit le cabinet.
Prenons deux orthophonistes installés depuis plus de trois ans. Avec un revenu annuel moyen de 35 000 €, le premier reçoit environ 47,95 € par jour de la CPAM, puis 55,44 € de la CARPIMKO, un peu plus. Avec 70 000 €, la seconde passe d’environ 95,89 € à 55,44 € par jour, soit une baisse de plus de 40 % au moment où l’arrêt devient long. Le besoin au-delà du 90e jour se mesure donc sur votre revenu réel et vos charges, pas sur le forfait de la caisse.
Invalidité : quelle définition protège vraiment une orthophoniste ?
Un contrat de prévoyance protège vraiment une orthophoniste libérale en cas d’invalidité s’il apprécie l’incapacité au regard de l’orthophonie elle-même et non de toute activité, car une atteinte durable de la voix, de l’audition ou de la capacité de concentration peut empêcher d’exercer ce métier sans empêcher de travailler ailleurs.
Ce que retient la CARPIMKO
Le régime obligatoire raisonne en incapacité professionnelle : selon les statuts du régime invalidité-décès de la CARPIMKO (articles 13, 13 bis et 14), la rente d’invalidité est totale si l’exercice de la profession est impossible, partielle à partir de 66 % d’incapacité professionnelle, sous un plafond de revenus. Mais allocations et rente peuvent être supprimées si une commission, après avis du médecin-conseil, constate la possibilité d’un reclassement « dans une profession quelle qu’elle soit », selon des modalités revues par l’arrêté du 14 juin 2024.
Les trois façons dont un contrat apprécie l’invalidité
Selon les contrats, le taux d’invalidité est fixé de l’une des trois façons suivantes, qu’il faut repérer dans les conditions générales avant de signer :
- Au regard de la profession exercée (barème professionnel) : on mesure ce que l’atteinte vous empêche de faire en tant qu’orthophoniste. C’est la lecture la plus proche du métier.
- De façon fonctionnelle : on applique un barème médical général, le même pour tous les métiers. Une perte auditive partielle peut y obtenir un taux modéré alors qu’elle gêne la passation d’un bilan de langage.
- De façon croisée : le taux retenu combine les deux selon une formule propre au contrat, à se faire expliquer.
Le taux qui déclenche la rente
Une idée reçue veut que la prévoyance verse une rente dès qu’on ne peut plus exercer son métier. C’est inexact en général : tout dépend de la définition retenue et du taux à partir duquel le contrat verse quelque chose. Une incapacité professionnelle de 40 % n’ouvre aucun droit auprès de la CARPIMKO ; selon les contrats, elle donne lieu à une rente partielle, ou à rien. Reste à voir comment la rente est calculée entre ce taux déclencheur et 66 %.
À obtenir par écrit avant de signer : la définition de l’invalidité, le barème utilisé, le taux déclencheur et la formule de calcul de la rente partielle.
Grossesse et prévoyance : que vérifier avant de souscrire ?
Avant de souscrire une prévoyance, une orthophoniste libérale qui envisage une grossesse doit vérifier comment le contrat traite les arrêts liés à la grossesse, en particulier une grossesse pathologique, et quels délais d’attente il impose après la signature, car ces clauses comptent autant que le montant d’indemnité garanti.
Côté régime obligatoire, un arrêt maladie prescrit pendant la grossesse suit les règles ordinaires : la CPAM indemnise du 4e au 90e jour, sans délai de carence après une fausse couche, puis la CARPIMKO prend le relais à partir du 91e jour et jusqu’à la veille du congé maternité. Depuis le 1er janvier 2025, la CARPIMKO n’indemnise plus la période du congé maternité légal, prise en charge par l’Assurance maladie ; elle peut de nouveau indemniser un arrêt prescrit après ce congé. Les prestations maternité sont détaillées dans notre page sur le congé maternité de l’orthophoniste libérale.
Côté contrat, selon les contrats, les arrêts liés à la grossesse sont couverts comme les autres, ou seulement en cas de grossesse pathologique, ou après un délai d’attente particulier courant depuis la souscription ; une grossesse en cours à la souscription se déclare si le questionnaire le demande et peut faire l’objet d’une exclusion. Dernier cas à connaître : une orthophoniste qui cesse son activité libérale pour percevoir la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) est radiée de la CARPIMKO et n’est plus couverte par son régime invalidité-décès, sans pouvoir y cotiser volontairement. Le sort du contrat privé pendant cette période se vérifie avant l’arrêt d’activité.
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- Aucune souscription engagée à ce stade
- Un interlocuteur unique, pas un centre d'appel
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Quelles autres clauses font la différence dans une prévoyance d’orthophoniste ?
Au-delà de l’invalidité et de la grossesse, quatre clauses d’un contrat de prévoyance pèsent directement sur ce que perçoit un orthophoniste libéral en arrêt : la franchise, le mode d’indemnisation forfaitaire ou indemnitaire, la prise en charge d’une reprise à temps partiel thérapeutique et la garantie des frais professionnels du cabinet.La franchise
La franchise est le nombre de jours d’arrêt pendant lesquels le contrat ne verse rien. Selon les contrats, elle diffère pour une maladie, un accident ou une hospitalisation. Une franchise courte fait intervenir le contrat pendant que la CPAM indemnise encore ; une franchise longue laisse la CPAM seule sur les premières semaines. Le bon réglage part de votre trésorerie, charges du cabinet comprises.Forfaitaire ou indemnitaire
Un contrat forfaitaire verse le montant journalier choisi à la souscription, sans tenir compte de ce que versent la CPAM ou la CARPIMKO. Un contrat indemnitaire complète le régime obligatoire jusqu’à un niveau de revenu garanti et peut demander des justificatifs de revenu au moment de l’arrêt. Pour une orthophoniste dont l’activité varie, ou qui vient de s’installer, la différence est concrète : l’un indemnise sur un montant convenu, l’autre sur un revenu à prouver.La reprise à temps partiel thérapeutique
Après un arrêt long, la reprise peut être progressive, en limitant les séances tant que la fatigue vocale ou attentionnelle persiste. En 2026, la CARPIMKO maintient 55,44 € par jour pendant trois mois en cas de reprise à des fins thérapeutiques, puis 27,72 € par jour pendant six mois au plus ; en cas de reprise d’une activité partielle, elle verse 27,72 € par jour, sous condition de revenus. Selon les contrats, la prévoyance continue de verser une indemnité, réduite ou non, pendant la reprise à temps partiel, ou cesse dès la reprise.Les frais professionnels
Pendant un arrêt, le loyer, les charges fixes et l’abonnement au logiciel métier continuent de courir. Une garantie des frais professionnels, proposée par certains contrats, rembourse ces charges sur justificatifs, pendant une durée limitée et dans un plafond fixé au contrat. Pour un orthophoniste qui assume seul le loyer de son local, elle évite que l’indemnité destinée à vivre serve à payer le cabinet.Première année d’installation : comment couvrir un arrêt sans droits à la CPAM ?
Pendant ses douze premiers mois d’affiliation, un orthophoniste libéral nouvellement installé ne remplit pas la condition d’affiliation exigée par la CPAM pour percevoir des indemnités journalières, sauf maintien de droits issus d’une activité précédente : sur cette période, un contrat de prévoyance ne complète pas la CPAM, il la remplace. Deux questions sont donc à poser dès la souscription : le contrat verse-t-il ses indemnités dès la fin de sa franchise, même sans prestation de la CPAM, et sur quel revenu les calcule-t-il quand l’activité vient de démarrer ? Le détail de cette période fait l’objet de notre page sur la protection sociale de l’orthophoniste libéral la première année. Les démarches d’installation elles-mêmes sont reprises dans notre guide d’installation de l’orthophoniste libéral.Micro-Bnc ou régime réel : les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles ?
Au régime réel, dit de la déclaration contrôlée, les cotisations d’un contrat de prévoyance éligible au dispositif de l’article 154 bis du Code général des impôts sont déductibles du bénéfice dans une limite annuelle ; en micro-BNC, elles ne le sont pas, car l’abattement forfaitaire de 34 % est réputé couvrir tous les frais. En 2026, avec un plafond annuel de la sécurité sociale de 48 060 €, la limite de déduction est égale à 3 364,20 € (7 % du PASS) plus 3,75 % du bénéfice imposable, sans pouvoir dépasser 11 534,40 € (3 % de huit fois le PASS). En micro-BNC, la prévoyance se paie sur un revenu déjà imposé, un élément à intégrer quand on compare les deux régimes. Tous les contrats n’ouvrent pas droit à la déduction : l’éligibilité se vérifie dans les conditions particulières.Comment se passe la souscription d’une prévoyance d’orthophoniste ?
La souscription d’une prévoyance d’orthophoniste libéral passe par un questionnaire de santé, auquel il faut répondre exactement, puis par une décision d’acceptation médicale de l’assureur, qui peut accepter le risque tel quel, l’accepter avec une surprime ou une exclusion, demander des examens complémentaires, ou refuser. L’obligation de déclaration sincère est posée par l’article L.113-2 du Code des assurances : l’assuré doit répondre exactement aux questions posées par l’assureur. En cas de fausse déclaration intentionnelle, l’article L.113-8 prévoit la nullité du contrat, les primes payées restant acquises à l’assureur, même si l’élément omis n’a joué aucun rôle dans l’arrêt. Pour une orthophoniste, cela vaut pour des antécédents qui peuvent sembler anodins, comme un suivi ORL ou un épisode de dysphonie : si le questionnaire les vise, ils se déclarent.Aucune acceptation n’est acquise d’avance : le courtier prépare le dossier avec vous et vous explique la réponse, mais la décision appartient à l’assureur. Pour voir comment la prévoyance s’articule avec les autres contrats d’une orthophoniste libérale, notre page sur l’assurance de l’orthophoniste reprend l’ensemble.
Quelles questions reviennent sur la prévoyance des orthophonistes ?
Les questions que posent le plus souvent les orthophonistes libérales sur leur prévoyance portent sur ce que verse la CARPIMKO et à partir de quand, sur la grossesse, la franchise, la micro-entreprise, la déductibilité des cotisations et la situation des remplaçantes ; les réponses ci-dessous sont courtes et datées de 2026.La CARPIMKO verse-t-elle des indemnités en cas d’arrêt de travail ?
Combien touche une orthophoniste libérale après 90 jours d’arrêt ?
Une prévoyance couvre-t-elle un arrêt pendant la grossesse ?
Comment choisir sa franchise ?
Peut-on souscrire une prévoyance en micro-entreprise ?
Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles ?
Faut-il une prévoyance quand on est remplaçante ?
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Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.
Courtier depuis 2015, spécialisé dans la protection des professionnels de santé libéraux : responsabilité civile professionnelle, prévoyance, mutuelle et retraite.
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