S’installer comme pédicure-podologue libéral ou libérale ne commence ni à la CPAM ni à l’Urssaf. Le premier guichet est l’Ordre national des pédicures-podologues : l’inscription au tableau donne le numéro RPPS, déclenche la carte CPS et conditionne toutes les autres démarches. Ce guide suit l’ordre réel des démarches. Il intègre ce que les guides existants n’ont pas encore : la prescription des orthèses depuis 2023, les avenants 5 et 6 à la convention, le choix du régime social propre à la profession et le décret de juillet 2026 sur les verrues.
L’essentiel, en cinq points
- Nul ne peut exercer la pédicurie-podologie sans être inscrit au tableau de l’Ordre, auprès du conseil régional ou interrégional, qui attribue le numéro RPPS. (article L.4322-2 du code de la santé publique ; ameli.fr, consulté le 28/09/2026)
- L’Ordre demande l’attestation de responsabilité civile professionnelle de l’année en cours dans le dossier d’inscription : l’assurance se souscrit avant l’inscription. (onpp.fr, consulté le 28/09/2026)
- Le choix entre le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) et celui des travailleurs indépendants se fait une seule fois, au début de l’activité libérale. (article L.646-2 du code de la sécurité sociale ; avenant 6 à la convention nationale)
- Depuis mai 2023, le podologue prescrit les orthèses plantaires et grade lui-même le risque podologique du patient diabétique. Depuis le 9 juillet 2026, il peut traiter les verrues par méthode physique s’il a la formation requise. (articles L.4322-1 et R.4322-1 du code de la santé publique)
- Remplacement, collaboration, bail, société, convention avec un EHPAD : chaque contrat est communiqué au conseil régional ou interrégional dans le mois qui suit sa signature. (article L.4113-9, applicable par renvoi de l’article L.4322-12 du code de la santé publique)
Que faut-il pour exercer la pédicurie-podologie en libéral ?
Pour exercer la pédicurie-podologie en libéral en France, il faut être titulaire du diplôme d’État de pédicure-podologue, ou d’un titre reconnu équivalent. Il faut aussi être inscrit au tableau de l’Ordre national des pédicures-podologues, auprès du conseil régional ou interrégional du lieu d’exercice, qui enregistre le diplôme et attribue le numéro RPPS. La formation dure trois ans, soit six semestres, selon la partie réglementaire du code de la santé publique.
L’inscription n’est pas une formalité parmi d’autres. L’article L.4322-2 du code de la santé publique interdit d’exercer sans être inscrit au tableau, en libéral comme en salariat. Un diplômé ou une diplômée qui soigne sans inscription exerce illégalement la profession, ce que l’article L.4323-4 punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.
La demande se dépose auprès du conseil régional ou interrégional du lieu de résidence professionnelle : cette profession n’a pas de conseil départemental. Le dossier réunit notamment :
- la copie du diplôme et une pièce d’identité ;
- un extrait d’acte de naissance et le curriculum vitae ordinal ;
- des déclarations sur l’honneur ;
- l’attestation d’assurance de responsabilité civile professionnelle de l’année en cours.
Cette liste est publiée par l’Ordre national des pédicures-podologues. Lors de l’inscription, le praticien déclare sous serment, par écrit, avoir pris connaissance du code de déontologie et s’engage à le respecter (article R.4322-32).
Après une décision favorable, le conseil enregistre le diplôme et délivre une attestation d’inscription qui porte le numéro RPPS, l’identifiant qui suivra le professionnel toute sa carrière (ameli.fr). La carte CPS est ensuite envoyée automatiquement par l’Agence du numérique en santé. Pour un libéral installé, elle n’est délivrée qu’une fois l’activité enregistrée à la CPAM (onpp.fr).
Idée reçue sur l’ARS et ADELI. Depuis l’arrêté du 29 septembre 2017, les pédicures-podologues sont enregistrés au RPPS par leur Ordre. Aucune démarche n’est à faire auprès de l’ARS, et le numéro ADELI n’est plus attribué à cette profession. Un guide qui parle encore d’enregistrement à l’ARS date d’avant octobre 2017.
Quelles normes pour ouvrir un cabinet de podologie ?
Selon l’article R.4322-77 du code de la santé publique, un cabinet de podologie doit réunir un local professionnel, le mobilier et le matériel nécessaires pour recevoir et soigner les patients, ainsi qu’une pièce distincte équipée pour fabriquer les orthèses. Le conseil régional ou interrégional de l’Ordre peut vérifier ces conditions à tout moment.
Le texte exige de disposer du local « en vertu de titres réguliers » : un bail, un acte de propriété ou une mise à disposition par une société d’exercice ou de moyens. La pièce dédiée aux orthèses découle de la double activité de la profession, soins et appareillage. La rédaction actuelle ne la réserve plus aux praticiens qui fabriquent eux-mêmes : elle fait partie des conditions d’exercice de tout cabinet. Le praticien doit aussi rester propriétaire des documents contenant les données personnelles de ses patients. S’y ajoutent les règles d’accessibilité applicables à tout local recevant du public, à vérifier avant de signer un bail.
Le cabinet secondaire
Le lieu habituel d’exercice est la résidence professionnelle déclarée au tableau. Un cabinet secondaire n’est autorisé que s’il respecte les mêmes conditions matérielles et s’il existe, dans le secteur, une carence ou une insuffisance de l’offre de soins (article R.4322-79). La demande s’adresse en recommandé avec avis de réception au conseil régional ou interrégional du lieu d’implantation.
La plaque et l’information du public
La plaque peut indiquer le nom, les prénoms, le téléphone, les jours et heures de consultation, la situation vis-à-vis de l’Assurance Maladie et le titre de formation. Une plaque à l’entrée de l’immeuble et une autre à la porte du cabinet sont admises, présentées avec discrétion (article R.4322-74). Le Conseil national publie des recommandations sur la signalétique des cabinets, dont le praticien doit tenir compte.
Créer ou reprendre un cabinet
L’Ordre publie des modèles de contrat de cession de cabinet et de cession de patientèle (onpp.fr). Avant de signer une reprise, mieux vaut demander au conseil régional ou interrégional la liste des pièces à lui transmettre. Une fois installée, la podologue qui change d’adresse ou de conditions d’exercice doit en informer le conseil dans le mois (article R.4322-32).
Quel mode d’exercice choisir quand on s’installe podologue ?
Un pédicure-podologue libéral peut exercer comme titulaire de son cabinet, comme collaborateur libéral d’un confrère, comme remplaçant, ou à plusieurs en société. Les contrats qui organisent ces modes d’exercice doivent être communiqués au conseil régional ou interrégional de l’Ordre dans le mois qui suit leur signature.
Remplaçant ou remplaçante
Le titulaire qui cesse momentanément son activité ne peut se faire remplacer que par un praticien inscrit au tableau : un étudiant, même en fin de cursus, ne peut donc pas remplacer. Le président du conseil régional ou interrégional doit être informé immédiatement du remplacement. Celui-ci fait l’objet d’un contrat écrit conforme au contrat type du Conseil national (article R.4322-85).
La durée maximale de quatre mois ne vient pas seulement du contrat type, contrairement à une idée répandue : elle figure dans le code lui-même, qui n’autorise à la dépasser que sur dérogation du conseil régional ou interrégional. Autre règle à connaître : une remplaçante qui a remplacé un confrère plus de trois mois consécutifs ne peut pas, pendant deux ans, exercer dans un immeuble où elle entrerait en concurrence directe avec lui, sauf accord entre les intéressés (article R.4322-87).
Collaborateur ou collaboratrice libérale
Le titulaire, ou sa société d’exercice, peut s’attacher un ou plusieurs collaborateurs libéraux dans le cadre de l’article 18 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005. Chacun exerce en toute indépendance, sans lien de subordination. La collaboration dure quatre ans au plus, après quoi ses modalités sont renégociées. Le contrat écrit est soumis au conseil (article R.4322-89).
Exercer à plusieurs
Exercer à plusieurs permet de mettre en commun les locaux, le matériel et le personnel, et de partager les coûts de fonctionnement (ameli.fr). Les formes courantes sont la société civile de moyens, le contrat d’exercice en commun avec partage de frais et la société d’exercice libéral. L’Ordre publie aussi un modèle de statuts de société interprofessionnelle de soins ambulatoires, la structure utilisée par les maisons de santé pluriprofessionnelles. Toute association ou société entre pédicures-podologues repose sur un contrat écrit soumis au conseil (article R.4322-89).
À domicile et en EHPAD
Un podologue libéral peut intervenir librement en EHPAD, et l’établissement doit respecter le libre choix du patient. L’Ordre conseille de signer une convention avec l’établissement et en publie un modèle. Cette convention doit, elle aussi, être communiquée au conseil dans le mois (fiche pratique de l’Ordre).
La règle commune : communiquer ses contrats dans le mois. L’article L.4113-9 s’applique aux pédicures-podologues par renvoi de l’article L.4322-12. Il impose de communiquer au conseil régional ou interrégional, dans le mois qui suit leur conclusion :
- les contrats et avenants qui ont pour objet l’exercice de la profession ;
- ceux qui assurent l’usage du local et du matériel, quand le praticien n’en est pas propriétaire.
Un défaut de communication peut être poursuivi sur le plan disciplinaire (onpp.fr).
Se conventionner : qu’est-ce qui a changé depuis 2023 ?
Depuis 2023, trois changements touchent le pédicure-podologue conventionné :
- la loi du 19 mai 2023 lui permet de prescrire les orthèses plantaires et de grader seul le risque podologique du patient diabétique ;
- les avenants 5 et 6 élargissent les actes remboursés et les cotisations prises en charge ;
- un décret de juillet 2026 étend le traitement des verrues.
L’adhésion à la convention se fait au rendez-vous d’installation à la CPAM : le conseiller remet la convention nationale et propose d’y adhérer. Signée le 18 décembre 2007, elle a été modifiée par six avenants, et son texte consolidé date de janvier 2025 (ameli.fr).
La loi Rist : prescription des orthèses et gradation en première intention
L’article 11 de la loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 a réécrit la fin de l’article L.4322-1 du code de la santé publique.
- Le pédicure-podologue peut désormais prescrire des orthèses plantaires, sauf avis contraire du médecin traitant.
- Il peut aussi grader directement le risque podologique des patients diabétiques et prescrire les séances de soins de prévention adaptées. Un compte rendu est alors adressé au médecin traitant et reporté dans le dossier médical partagé.
Le texte ne subordonne pas ces compétences à un exercice coordonné. Auparavant, la profession pouvait seulement renouveler et adapter une prescription médicale d’orthèses datant de moins de trois ans.
L’avenant 5 : de nouveaux actes pris en charge
L’avenant 5 est entré en vigueur le 7 septembre 2023, et ses revalorisations se sont appliquées au 7 mars 2024 (ameli.fr ; arrêté du 31 août 2023). Il a :
- créé un bilan de gradation du risque podologique pour tous les patients diabétiques ;
- revalorisé les séances de prévention ;
- ouvert la prise en charge du syndrome main-pied lié à certains traitements anticancéreux ;
- ouvert la prise en charge du traitement des verrues plantaires.
L’avenant 6 : les orthèses entrent dans le calcul des cotisations prises en charge
L’avenant 6 a été conclu le 18 décembre 2024 et est entré en vigueur le 11 janvier 2025. Il intègre les orthèses plantaires inscrites à la liste des produits et prestations dans l’assiette sur laquelle l’Assurance Maladie participe aux cotisations sociales. La mesure s’applique à partir de la déclaration 2026, sur les revenus 2025 (ameli.fr). Elle ne concerne que les podologues affiliés au régime PAMC, un point décisif pour le choix du régime social traité plus bas. Le même avenant a supprimé les conditions particulières qui encadraient la gradation et les soins de prévention des grades 2 et 3.
Le décret du 6 juillet 2026 : les verrues du pied
Depuis le 9 juillet 2026, l’article R.4322-1 vise le traitement des verrues par méthode chimique ou physique, et non plus des seules verrues plantaires. La méthode physique est réservée aux praticiens formés dans le cadre du diplôme d’État ou, à défaut, dans des conditions fixées par arrêté (décret n° 2026-601 du 6 juillet 2026).
Ces actes ne couvrent qu’une partie de l’activité. La plupart des soins courants de pédicurie restent hors nomenclature et ne sont pas remboursés, ce qui pèse sur la composition des revenus et donc sur le choix du régime social.
Existe-t-il un zonage pour les podologues ?
Non. Contrairement à ce qu’on lit parfois, les ARS ne publient pas de zonage pour les pédicures-podologues. Leurs zonages par profession concernent les médecins, les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les orthophonistes, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes (ARS Nouvelle-Aquitaine, ARS Centre-Val de Loire, ARS Auvergne-Rhône-Alpes). À ce jour, les aides conventionnelles adossées à ces zonages n’ont donc pas d’équivalent publié pour les podologues.
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PAMC ou travailleur indépendant : quel régime social choisir ?
Au début de son activité libérale, et seulement à ce moment-là, le pédicure-podologue conventionné peut demander à ne pas relever du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) pour être rattaché au régime des travailleurs indépendants. Les autres auxiliaires médicaux n'ont pas cette option (article L.646-2 du code de la sécurité sociale).
ameli.fr le confirme : lors de la première installation, le podologue qui renonce au régime PAMC est rattaché au régime général comme travailleur indépendant, et ses cotisations sont réglées à l'Urssaf dans les deux cas. Le texte de l'avenant 6 précise que ce choix « s'effectue uniquement au moment du début d'activité ». La date limite du 31 juillet 2024, largement relayée, concernait une fenêtre ouverte par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 aux podologues déjà installés, pas aux nouveaux.
| Point | Régime PAMC | Régime des travailleurs indépendants |
|---|---|---|
| Moment du choix | Au début de l'activité libérale, une seule fois | |
| Participation de l'Assurance Maladie aux cotisations | Oui, sur l'activité conventionnée, orthèses de la LPP comprises depuis les revenus 2025 | Non |
| Contribution additionnelle maladie de 3,25 % | Due sur les dépassements d'honoraires et les revenus non conventionnés | Non due : ces revenus supportent la cotisation maladie de droit commun |
| Indemnités journalières maladie | Mêmes règles : versées par la CPAM du 4e au 90e jour, après douze mois d'affiliation | |
| Maternité | Allocation forfaitaire et indemnités journalières forfaitaires, après six mois d'affiliation | |
| Retraite et invalidité-décès | CARPIMKO dans les deux cas | |
Le bon choix dépend donc de la composition des revenus, comme le souligne l'Urssaf : part de l'activité conventionnée, part des orthèses inscrites à la LPP, part des soins hors nomenclature. Ce calcul se fait avant le rendez-vous à la CPAM, par exemple avec un expert-comptable, puisqu'il ne pourra pas être refait ensuite.
Quelles démarches pour s'installer, et dans quel ordre ?
Un pédicure-podologue qui s'installe en libéral procède dans cet ordre :
- souscrire sa responsabilité civile professionnelle, dont l'Ordre exige l'attestation ;
- s'inscrire au tableau de l'Ordre ;
- faire enregistrer son activité à la CPAM ;
- déclarer son début d'activité au guichet unique, qui informe l'Urssaf et la CARPIMKO ;
- communiquer ses contrats au conseil régional ou interrégional.
1. La responsabilité civile professionnelle
Tout professionnel de santé libéral doit être assuré en responsabilité civile (article L.1142-2 du code de la santé publique). Pour une pédicure-podologue qui s'installe, cette obligation arrive en premier dans le calendrier, puisque l'Ordre réclame l'attestation de l'année en cours dans le dossier d'inscription.
2. L'inscription au tableau de l'Ordre
Le dossier se dépose au conseil régional ou interrégional, ou s'y envoie en recommandé avec avis de réception. L'inscription donne le numéro RPPS et précède tout exercice, y compris un premier remplacement.
3. L'enregistrement à la CPAM
Une fois inscrit, le podologue prend rendez-vous avec la caisse de son lieu d'exercice, muni d'une pièce d'identité, de sa carte Vitale et d'un IBAN. Le conseiller enregistre le dossier, propose l'adhésion à la convention, commande les feuilles de soins pré-identifiées et engage les formalités Urssaf selon les accords locaux (ameli.fr). C'est aussi à ce moment que se fait le choix entre PAMC et régime des indépendants. La caisse peut enfin enregistrer une adhésion à l'assurance volontaire accidents du travail et maladies professionnelles : le régime PAMC ne couvre pas ce risque automatiquement.
4. La déclaration au guichet unique
Le début d'activité se déclare sur le guichet unique des formalités d'entreprises, géré par l'INPI, qui transmet les informations aux organismes sociaux (carpimko.com). Selon l'Urssaf, cette déclaration intervient au plus tard huit jours après le début d'activité, une fois l'inscription à l'Ordre et l'enregistrement à la CPAM obtenus. L'INSEE attribue à cette occasion le code NAF.
5. L'affiliation à la CARPIMKO
La CARPIMKO est la caisse de retraite et de prévoyance commune aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes. L'affiliation y est obligatoire dès l'exercice libéral, même à temps partiel et même en parallèle d'un emploi salarié (ameli.fr). Aucune déclaration séparée n'est à envoyer : l'affiliation découle de la déclaration au guichet unique, et le numéro d'affilié arrive par courrier dans le trimestre suivant (carpimko.com).
6. La communication des contrats
Bail, contrat de remplacement ou de collaboration, statuts de société, convention avec un EHPAD : chacun part au conseil régional ou interrégional dans le mois qui suit sa signature. Tout changement d'adresse ou de conditions d'exercice lui est signalé dans le même délai.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quelle fiscalité pour un podologue ?
Au 1er janvier 2026, un pédicure-podologue libéral relève du micro-BNC tant que ses recettes n'ont pas dépassé 83 600 € deux années civiles consécutives, seuil valable de 2026 à 2028 (entreprendre.service-public.gouv.fr). Son bénéfice imposable est alors calculé par abattement forfaitaire, sauf s'il opte pour la déclaration contrôlée, qui retient les charges réelles. Le micro-BNC est un régime d'imposition, à ne pas confondre avec le statut d'auto-entrepreneur. Le choix entre les deux régimes reste un calcul personnel, à faire avec un expert-comptable.
Côté TVA, les soins sont exonérés (article 261, 4, 1° du code général des impôts). La question des orthèses est tranchée par l'administration fiscale : les semelles orthopédiques et appareils podologiques fabriqués par le podologue et vendus aux patients qu'il soigne suivent l'exonération des soins, dont ils sont le prolongement direct. En revanche, vendre des orthèses ou des articles orthopédiques à des personnes qu'il ne soigne pas est une activité taxable (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10, § 10 et 20).
Quelles assurances pour un podologue qui s'installe ?
Pour un pédicure-podologue libéral, la seule assurance que le code de la santé publique rend obligatoire est la responsabilité civile professionnelle. Son défaut est puni de 45 000 € d'amende par l'article L.1142-25 et peut entraîner des sanctions disciplinaires, et l'Ordre en exige l'attestation dès l'inscription. Le détail figure dans notre page sur la RC pro du podologue libéral.
Le reste relève du choix de chacun. Au 1er janvier 2026, en cas d'arrêt de travail, la CPAM indemnise du 4e au 90e jour. À partir du 91e jour, la CARPIMKO prend le relais avec une allocation forfaitaire de 55,44 € par jour, quel que soit le revenu : c'est l'écart que couvre la prévoyance du podologue libéral. La première année, faute de douze mois d'affiliation, les indemnités de la CPAM ne sont en principe pas ouvertes, sauf droits conservés d'un régime antérieur : voir la protection sociale du podologue la première année. Pour une vue d'ensemble des contrats utiles selon votre situation, consultez notre page sur l'assurance du podologue.
Récapitulatif : quelles démarches, où et quand ?
Dans l'ordre chronologique, l'installation d'un pédicure-podologue libéral enchaîne six démarches : souscrire la responsabilité civile, s'inscrire au tableau de l'Ordre, faire enregistrer son activité à la CPAM, déclarer son début d'activité au guichet unique, être affilié à la CARPIMKO, puis communiquer chaque contrat au conseil régional ou interrégional dans le mois.
| Démarche | Où | Quand | Coût éventuel |
|---|---|---|---|
| Souscrire la responsabilité civile professionnelle | Auprès d'un assureur, directement ou par un courtier | Avant la demande d'inscription à l'Ordre | Cotisation d'assurance, selon les contrats |
| S'inscrire au tableau, prêter serment, obtenir le numéro RPPS | Conseil régional ou interrégional de l'Ordre | Avant tout exercice, remplacement compris | Cotisation ordinale annuelle |
| Enregistrer son activité, adhérer à la convention, choisir entre PAMC et régime des indépendants | CPAM du lieu d'exercice, sur rendez-vous | Après l'inscription au tableau, avant le premier soin facturé | Aucun frais mentionné par ameli.fr |
| Déclarer son début d'activité | Guichet unique des formalités d'entreprises (INPI) | Au plus tard huit jours après le début d'activité, selon l'Urssaf | Cotisations sociales ensuite, selon le régime choisi |
| Être affilié à la CARPIMKO | Automatique, via le guichet unique | Dès le début de l'activité libérale, même partielle | Cotisations de retraite et d'invalidité-décès |
| Communiquer ses contrats | Conseil régional ou interrégional de l'Ordre | Dans le mois qui suit chaque signature | Aucun frais prévu par le texte |
| Déclarer tout changement d'adresse ou d'exercice | Conseil régional ou interrégional de l'Ordre | Dans le mois | Aucun frais prévu par le texte |
Quelles questions se posent les podologues qui s'installent ?
Les podologues qui s'installent demandent le plus souvent leur code NAF, la différence avec le code acte, l'état de la démographie de la profession, ce qu'ils peuvent faire sans ordonnance, le moment où s'assurer et la possibilité de changer de régime social. Voici les réponses, sources à l'appui.
Quel est le code NAF d'un pédicure-podologue libéral ?
Le code NAF, aussi appelé code APE, d'un pédicure-podologue libéral est le 86.90E, « activités des professionnels de la rééducation, de l'appareillage et des pédicures-podologues ». Il est partagé avec d'autres professions de rééducation, comme les masseurs-kinésithérapeutes ou les orthophonistes. L'INSEE l'attribue à partir de l'activité déclarée au guichet unique. Il a une valeur statistique et ne crée, à lui seul, ni droit ni obligation (insee.fr).
Code NAF et code acte : quelle différence pour un podologue ?
Le code NAF identifie l'activité de l'entreprise pour la statistique publique. Le code acte sert à facturer un soin à l'Assurance Maladie. Pour le pédicure-podologue conventionné, les actes remboursables sont codés selon la nomenclature et la convention nationale, avec la lettre clé POD pour les séances de prévention des patients diabétiques (ameli.fr). Les soins hors nomenclature n'ont pas de code acte.
Y a-t-il un manque de podologues en France ?
Au 1er janvier 2026, la DREES recense 14 600 pédicures-podologues en activité, 10,1 % de plus qu'en 2018. Parmi eux, 97 % exercent en libéral et 66 % sont des femmes (DREES). Aucun zonage ne classe pour autant de territoire en zone sous-dotée pour cette profession. Le conseil régional ou interrégional de l'Ordre peut éclairer un projet d'implantation (onpp.fr).
Que peut faire un pédicure-podologue sans ordonnance en 2026 ?
Sans prescription médicale, le pédicure-podologue diagnostique et traite les affections épidermiques et unguéales du pied, hors chirurgie, dont les hyperkératoses et les ongles incarnés. Depuis le 9 juillet 2026, il traite les verrues par méthode chimique, ou physique s'il a la formation requise. Il prescrit aussi les orthèses plantaires, sauf avis contraire du médecin traitant, et grade le risque podologique du patient diabétique (articles L.4322-1 et R.4322-1 du code de la santé publique).
Faut-il être assuré avant de s'inscrire à l'Ordre ?
Oui. L'Ordre national des pédicures-podologues demande, dans le dossier d'inscription au tableau, l'attestation de responsabilité civile professionnelle de l'année en cours (onpp.fr). Cette assurance est obligatoire pour tout exercice libéral (article L.1142-2 du code de la santé publique). Ce qu'un contrat couvre réellement se vérifie dans ses conditions générales et particulières : voir la RC pro du podologue libéral.
Peut-on changer de régime social après l'installation ?
En principe, non. Le choix entre le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés et celui des travailleurs indépendants se fait au début de l'activité libérale (article L.646-2 du code de la sécurité sociale), et l'avenant 6 à la convention rappelle qu'il ne s'exerce qu'à ce moment-là. La fenêtre ouverte jusqu'en 2024 ne visait que les podologues déjà installés.
Pour s'orienter entre toutes les questions de l'exercice, de l'installation à la protection sociale, consultez notre page podologue libéral.
Faites le point sur vos contrats
Vous décrivez votre situation en une minute. Vincent Legac ou un membre de son équipe vous rappelle pour cadrer votre besoin.
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Rédigé et validé par
Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.
Courtier depuis 2015, spécialisé dans la protection des professionnels de santé libéraux : responsabilité civile professionnelle, prévoyance, mutuelle et retraite.
Immatriculation vérifiable sur orias.fr.
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