Première année d’IDEL : le trou de protection sociale 

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Medicazen, courtier en assurance, vous accompagne pas à pas dans votre quête.

Si vous vous arrêtez pendant vos douze premiers mois d’exercice libéral, l’Assurance Maladie ne vous verse rien au titre de votre activité d’infirmière libérale. L’ouverture du droit aux indemnités journalières suppose douze mois d’affiliation continue dans l’activité(ameli.fr, page mise à jour le 1er juin 2026).

Ce qui peut vous couvrir pendant cette période, ce sont les droits qui vous restent de votre statut de salarié, maintenus douze mois après la fin de votre contrat, et ce maintien n’est pas automatique : il faut le demander. La CARPIMKO, elle, n’intervient qu’à partir du 91e jour d’arrêt.

Autrement dit : sur un arrêt court en début d’activité, vous n’êtes pas couvert par votre nouveau statut, vous êtes couvert par l’ancien. À condition d’être encore dans la fenêtre, et d’avoir fait la demande.

Sommaire

Ce que vous laissez derrière vous

Situation Infirmière salariée à l'hôpital Infirmier ou infirmière libérale, première année
Arrêt maladie court Congé de maladie ordinaire : 90 % du traitement indiciaire pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois, après 1 jour de carence (service-public.fr, fiche F490, 2026) Rien au titre de l'activité libérale avant 12 mois d'affiliation continue. Ensuite seulement : indemnités de la CPAM du 4e au 90e jour
Arrêt long Congé de maladie ordinaire jusqu'à 1 an, puis congés de longue maladie ou de longue durée selon la pathologie CARPIMKO à partir du 91e jour : 55,44 € par jour au 1er janvier 2026, sous conditions
Maternité Congé maternité indemnisé, rémunération maintenue par l'employeur public Allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € et indemnités journalières plafonnées à 65,84 € par jour, sous condition de 6 mois d'affiliation (ameli.fr, 1er juin 2026)
Chômage Droits ouverts selon le statut et le motif de départ Aucun droit au titre du libéral : l'allocation des travailleurs indépendants exige 2 ans d'activité continue (service-public.fr, 1er avril 2026)
Retraite Cotisations prélevées sur le bulletin de paie Cotisations CARPIMKO dues dès le premier mois, calculées sur une base forfaitaire de 9 131 € les deux premières années puis régularisées
Accident du travail et de trajet Pris en charge au titre de l'accident de service ou du travail Non couvert automatiquement par le régime PAMC, trajet domicile-travail compris. Assurance volontaire à souscrire auprès de la CPAM (ameli.fr)

Le maintien de droits, le point que personne n'explique correctement

Quand vous cessez de remplir les conditions d’affiliation d’un régime, vous conservez vos droits aux prestations en espèces de ce régime pendant douze mois. C’est l’article L. 161-8 du code de la sécurité sociale, la durée est fixée par l’article R. 161-3. Ces prestations en espèces, ce sont les indemnités journalières maladie et maternité, pas le remboursement des soins, qui lui n’est jamais interrompu.

Trois conditions à connaître, parce que c’est là que ça se joue.

Le maintien tombe si vous ouvrez de nouveaux droits. Le texte est explicite : vous en bénéficiez tant que vous ne remplissez pas à nouveau les conditions d’ouverture des mêmes prestations dans un autre régime. Dès que vous atteignez douze mois d’affiliation en libéral, vous basculez sur vos droits propres. La loi ajoute une sécurité utile : les assurés qui remplissent les conditions au titre de leur nouvelle activité mais dont les indemnités journalières seraient nullesconservent malgré tout le bénéfice du maintien.

La durée court à partir de votre départ du salariat, pas de votre installation. C’est le piège. Si vous quittez l’hôpital le 31 mars et que vous vous installez le 1er avril, les deux fenêtres s’emboîtent presque parfaitement. Si vous quittez l’hôpital le 31 mars et que vous démarrez votre activité le 1er octobre, votre maintien s’éteint le 31 mars de l’année suivante, alors que vos droits propres ne s’ouvriront que le 1er octobre. Six mois pendant lesquels un arrêt de travail ne déclenche rien du tout.

Ce n’est pas automatique. L’Assurance Maladie le dit sur sa page dédiée aux professionnels libéraux : si les droits ne sont pas réunis, l’arrêt peut être indemnisable au titre du maintien de droits de l’activité précédente, et il faut se renseigner auprès de sa CPAM. Depuis le 1er janvier 2022, la demande se fait via le téléservice « Demande de réétude de dossier indemnités journalières sur demarches-simplifiees.fr, avec les bulletins de salaire et les justificatifs de l’activité antérieure.

Deux conditions alternatives : avoir eu un arrêt de travail dans les douze mois qui suivent la fin de l’activité salariée ou de l’indemnisation chômage, ou percevoir actuellement une indemnisation de France Travail au titre d’un précédent emploi.

Personne ne vous préviendra. Si vous ne faites pas la demande, vous ne toucherez rien.

Si vous vous arrêtez dans les douze premiers mois

Reprenons dans l’ordre ce qui se déclenche, et à quel moment.

L’Assurance Maladie. Pour prétendre à une indemnisation d’un arrêt de travail au titre de votre activité, vous devez justifier d’au moins douze mois d’affiliation continue. La durée totale de l’arrêt indemnisé ne peut pas dépasser 90 jours, avec un délai de carence de 3 jours : le versement commence au 4e jour. L’indemnité vaut 1/730e du revenu d’activité annuel moyen, plafonnée à 197,51 € par jour en 2026. Ces règles sont sur ameli.fr, page mise à jour le 1er juin 2026.

Deux précisions qui comptent en début d’activité. Lorsque l’incapacité survient pendant les trois premières années civiles d’affiliation, l’indemnité n’est pas calculée sur une moyenne écrasée par les années sans revenus libéraux : l’article D. 622-7 du code de la sécurité sociale prévoit qu’elle est calculée sur le revenu pris en compte jusqu’à la date du constat, rapporté au nombre de jours d’activité sur 365. Et si vos cotisations n’ont pas été intégralement acquittées, le revenu retenu est réduit à proportion de ce que vous avez réellement payé.

La CARPIMKO. Elle verse une allocation journalière à partir du 91e jour d’arrêt total, au plus tard jusqu’au dernier jour de la 3e année d’incapacité. Montant au 1er janvier 2026 : 55,44 € par jour, identique pour tout le monde, majoré de 8,06 € par jour et par descendant à charge et de 20,16 € par jour en cas de recours à une tierce personne. Deux conditions impératives, énoncées par la caisse : faire la demande dans les 6 mois à compter du premier jour de l’arrêt initial, et être à jour de toutes ses cotisations.

Attention à celle-ci : un affilié qui a obtenu un délai de paiement, même avec prélèvement automatique, n’est pas considéré comme à jour et ne peut pas être indemnisé. Or, la première année, demander un échéancier est réflexe.

Un cas concret. Camille quitte l’hôpital le 31 mars 2026 et s’installe le 1er avril. En novembre 2026, huitième mois d’activité, elle est arrêtée 45 jours.

  • Droits propres à la CPAM : non, elle a 7 mois d’affiliation.
  • CARPIMKO : rien, l’arrêt fait moins de 91 jours.
  • Maintien de droits : oui, son arrêt commence dans les douze mois qui suivent la fin de son contrat. Elle doit déposer une demande de réétude, et ses indemnités seront calculées sur son ancienne activité salariée.

 

Sans cette démarche, elle encaisse 45 jours sans un euro de revenu de remplacement, avec des charges de cabinet qui continuent de tourner. Si le même arrêt dure 120 jours, elle percevra en plus 55,44 € par jour à partir du 91e, soit 1 663,20 € pour 30 jours, à condition d’être à jour de ses cotisations et d’avoir déclaré l’arrêt à la CARPIMKO.

Pour le détail du fonctionnement des indemnités une fois vos droits ouverts, voir notre page sur l’arrêt maladie de l’infirmière libérale.

L'angle mort dont personne ne parle : l'accident de trajet

Le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ne couvre pas automatiquement le risque accident du travail et maladie professionnelle, accident de trajet domicile-travail compris.

C’est écrit noir sur blanc sur ameli.fr. Vos frais de santé restent remboursés dans les conditions habituelles, mais l’accident n’ouvre aucun droit spécifique.

Pour une IDEL qui fait 100 à 150 kilomètres par jour en tournée, c’est le risque numéro un, et il n’est pas couvert par défaut. Une assurance volontaire individuelle accident du travail et maladie professionnelle peut se souscrire auprès de votre CPAM, la cotisation étant ensuite recouvrée par l’Urssaf. Elle est facultative. À vous de la demander.

Elle peut aussi être souscrite auprès d’une assurance privée, nous pouvons vous conseiller.

Le sujet rejoint celui de votre responsabilité professionnelle, qui relève d’une autre logique mais du même réflexe : ce qui n’est pas souscrit n’existe pas.

Le décalage de cotisations : la deuxième année coûte plus cher que la première

Quand vous démarrez, votre revenu n’est pas connu. Les deux premières années, vos cotisations sont appelées à titre provisoire sur une base forfaitaire.

Pour un début d’activité en 2026, cette base est de 9 131 €, soit 19 % du plafond annuel de la sécurité sociale, pour les allocations familiales, la retraite et l’invalidité-décès, et de 19 224 €, soit 40 % du plafond, pour la cotisation maladie et la cotisation indemnités journalières service-public.fr, fiche vérifiée le 17 juin .

Ces montants n’ont aucun rapport avec ce que vous allez réellement gagner. Une IDEL qui dégage 45 000 € de bénéfice sa première année a cotisé sur une base quatre à cinq fois inférieure.

La différence n’est pas effacée, elle est décalée.

Le calendrier est mécanique. Vous déclarez vos revenus 2026 au printemps 2027 sur impots.gouv.fr. L’Urssaf vous renvoie alors un échéancier qui contient trois choses d’un coup : vos cotisations définitives 2026, donc le complément à payer, le recalcul de vos cotisations 2027 sur la base de votre revenu 2026, et les premières échéances provisionnelles 2028. Vous payez donc, la même année, le rattrapage de l’année précédente et des appels réévalués.

C’est le premier accident de trésorerie des installations. Deux façons de l’éviter, l’une et l’autre à activer tôt.

Estimer vos revenus en cours d’année. L’Urssaf propose un service d’estimation de revenus qui permet de recalculer vos cotisations provisionnelles sur une base réaliste. Vous payez davantage tout de suite, vous encaissez moins violemment la régularisation.

Ne pas compter sur l’ACRE sans l’avoir demandée.
Depuis le 1er janvier 2026, l’exonération de début d’activité n’est plus automatique.

Elle se demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant l’ouverture de l’activité, faute de quoi elle est perdue.

Elle est réservée à des situations précises : demandeur d’emploi indemnisé, demandeur d’emploi non indemnisé inscrit depuis plus de 6 mois sur les 18 derniers mois, bénéficiaire du RSA ou de l’ASS, moins de 26 ans, moins de 30 ans non indemnisé, création en quartier prioritaire ou en zone France ruralités revitalisation, contrat d’appui au projet d’entreprise, bénéficiaire de la PreParE.

Une infirmière qui démissionne pour s’installer directement, sans passer par une période d’inscription à France Travail, n’entre dans aucune de ces cases.

Quand elle s’applique, l’exonération porte sur les cotisations maladie, maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales, pendant 12 mois, et vaut 25 % des cotisations dues pour un revenu inférieur ou égal à 36 045 €, puis devient dégressive jusqu’à 48 060 €, au-delà de quoi elle ne s’applique plus.

Ce décalage de cotisations pèse aussi sur vos droits, puisque l’indemnité journalière est calculée à partir des revenus retenus pour vos cotisations maladie.

Sur le sujet des cotisations retraite et de ce qu’elles construisent, voir notre page 

À mettre en place avant votre première tournée

 

  1. Vérifiez la date de fin de votre maintien de droits. Elle court à partir de la fin de votre activité salariée, pas de votre installation. Notez-la. Si un délai s’installe entre les deux, vous savez exactement combien de mois vous êtes à découvert.
  2. Demandez l’ACRE dans les 60 jours si vous entrez dans l’un des cas d’éligibilité. Passé ce délai, c’est perdu pour de bon.
  3. Souscrivez l’assurance volontaire accident du travail auprès de votre CPAM. C’est votre risque principal et il n’est pas couvert d’office.
  4. Mettez en place votre prévoyance avant la première tournée, pas après. Un contrat souscrit une fois l’arrêt survenu ne couvre pas cet arrêt, et les questionnaires de santé se remplissent plus facilement quand on est en bonne santé.
  5. Provisionnez la régularisation. Une ligne d’épargne dédiée, alimentée chaque mois, qui n’est pas votre trésorerie courante.
  6. Payez vos cotisations CARPIMKO sans échéancier si vous en avez la possibilité, puisqu’un délai de paiement vous prive de l’allocation journalière.
  7. Gardez vos bulletins de salaire des douze derniers mois de salariat. C’est ce qu’on vous demandera si vous devez déposer une demande de réétude de vos indemnités journalières.

Le reste des démarches d’installation est détaillé dans notre guide de l’installation en infirmier libéral.

Questions fréquentes

Est-ce que je garde mes droits de salariée en m'installant ?

Vous conservez le droit aux prestations en espèces de votre ancien régime, c’est-à-dire les indemnités journalières maladie et maternité. Le remboursement de vos soins, lui, n’est jamais interrompu. Ce maintien n’est pas automatiqueet suppose une démarche auprès de votre CPAM.

Douze mois, à compter de la date à laquelle vous cessez de remplir les conditions d’affiliation de votre ancien régime, donc à compter de la fin de votre contrat ou de la fin de votre indemnisation chômage. Pas à compter du jour de votre installation.

Les périodes de remplacement en libéral donnent lieu à affiliation. Elles comptent donc normalement dans votre ancienneté d’affiliation, à condition qu’il n’y ait pas eu d’interruption. Comme votre situation dépend des dates exactes, faites confirmer votre date d’ouverture de droits par votre CPAM avant de vous installer.

La condition est de 6 mois d’affiliation à la date prévue de l’accouchement, avec les cotisations échues versées à cette date. Point important : si vous exerciez précédemment une autre activité professionnelle ou si vous étiez indemnisée au titre du chômage, ces périodes peuvent être prises en compte, à condition qu’il n’y ait pas eu d’interruption entre les affiliations. Vous percevez alors une allocation forfaitaire de repos maternel égale au plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 4 005 € en 2026, et des indemnités journalières calculées sur vos revenus cotisés, plafonnées à 65,84 € par jour. Il faut cesser toute activité pendant au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement.

Le régime obligatoire laisse deux zones sans revenu de remplacement : les 90 premiers jours si vous n’avez pas douze mois d’affiliation et pas de maintien de droits activable, et l’écart entre 55,44 € par jour et votre revenu réel au-delà du 91e jour. Un contrat complémentaire sert à combler l’une, l’autre, ou les deux, et à couvrir vos frais professionnels qui continuent de courir. Voir notre page sur l’assurance de l’infirmier et de l’infirmière libérale. C’est une décision à prendre avant de démarrer, pas au premier arrêt.

Vous restez couvert par votre régime salarié tant que votre contrat est en cours, ce qui neutralise en partie le trou décrit ici. Les règles de coordination entre les deux affiliations sont techniques et dépendent de vos volumes horaires et de vos revenus dans chaque activité. Faites valider votre situation par votre CPAM, c’est le seul organisme qui a votre dossier complet.

Pas au titre de votre activité libérale la première année. L’allocation des travailleurs indépendants suppose au moins 2 ans d’activité non salariée continue dans la même entreprise, un revenu supérieur à 10 000 € sur l’une des deux dernières années et des ressources personnelles inférieures à 651,69 € par mois. Son montant maximum est de 26,30 € par jour pendant 182 jours. Si vous aviez des droits ouverts avant votre installation, leur sort dépend des conditions de votre départ : à voir avec France Travail, avant de démissionner de préférence.

Non. Ce sont des cotisations provisoires calculées sur une base forfaitaire. Elles seront régularisées sur vos revenus réels l’année suivante, et cette régularisation tombe en même temps que le réajustement de vos appels en cours.

Vous vous installez dans les mois qui viennent, ou vous venez de le faire. 

Faites le point sur ce qui vous couvre réellement, et sur ce qui ne vous couvre pas encore.

Vous êtes professionnels de la santé ?

Parce que nous savons qu’en libéral, entre vie personnelle et vie professionnelle la frontière est mince. Notre priorité est de vous prémunir contre les aléas de la vie.

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