RCP IDEL : ce que couvre le contrat, et à quel prix (2026)

IDEL, découvrez comment vous protéger.
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Vous êtes professionnel de la santé et vous recherchez une assurance ?

Medicazen, courtier en assurance, vous accompagne pas à pas dans votre quête.

Une erreur de soin peut vous exposer à trois procédures distinctes, et votre contrat de responsabilité civile professionnelle n’en couvre qu’une partie. Cette page répond aux deux questions que se posent les infirmières et les infirmiers libéraux : ce que vous risquez réellement après une réclamation, et ce que votre RCP prend en charge.

Tout ce qui suit s’appuie sur des décisions de justice publiées, sur les textes en vigueur et sur des contrats réels souscrits par l’intermédiaire du cabinet. Les chiffres portent leur source et leur date.

L'essentiel en cinq points

  • L'assurance est obligatoire. Tout professionnel de santé exerçant à titre libéral doit souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (article L.1142-2 du code de la santé publique, loi du 4 mars 2002).
  • Les plafonds minimaux sont de 8 millions d'euros par sinistre et 15 millions d'euros par année d'assurance (article R.1142-4 du code de la santé publique, décret n° 2011-2030 du 29 décembre 2011, applicable aux contrats conclus, renouvelés ou modifiés depuis le 1er janvier 2012).
  • Un patient peut agir pendant dix ans à compter de la consolidation du dommage, et non à compter du soin (article L.1142-28 du code de la santé publique).
  • Le défaut d'assurance est un délit puni de 45 000 euros d'amende, avec une peine complémentaire possible d'interdiction d'exercer (article L.1142-25 du code de la santé publique).
  • Votre RCP ne couvre pas vos propres accidents corporels. Si vous vous blessez pendant votre tournée, ce contrat n'intervient pas. Ce besoin relève de la prévoyance.

Sommaire

Une obligation légale, et une sanction pénale en cas de manquement

L’article L.1142-2 du code de la santé publique, issu de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, impose à tout professionnel de santé exerçant à titre libéral de souscrire une assurance garantissant sa responsabilité civile pour les dommages subis par des tiers et résultant d’atteintes à la personne, dans le cadre de son activité de prévention, de diagnostic ou de soins. L’infirmière libérale et l’infirmier libéral sont pleinement concernés, remplacement compris.

Le même article prévoit que le montant de la garantie peut être plafonné, dans des conditions fixées par décret. L’article R.1142-4 du code de la santé publique fixe ce minimum : les plafonds ne peuvent être inférieurs à 8 millions d’euros par sinistre et à 15 millions d’euros par année d’assurance. Ces montants sont ceux du décret n° 2011-2030 du 29 décembre 2011, applicables aux contrats conclus, renouvelés ou modifiés à compter du 1er janvier 2012. Un contrat qui afficherait moins ne serait pas conforme.

Le manquement à cette obligation n’est pas une simple irrégularité administrative. L’article L.1142-25 du même code en fait un délit, puni de 45 000 euros d’amende. Les personnes physiques encourent en outre la peine complémentaire d’interdiction d’exercer l’activité professionnelle à l’occasion de laquelle l’infraction a été commise, dans les conditions de l’article 131-27 du code pénal. Cette interdiction est portée à la connaissance du directeur général de l’agence régionale de santé, qui en informe les organismes d’assurance maladie. L’article L.1142-2 ajoute que l’instance disciplinaire compétente peut également prononcer des sanctions.

Reste la question que tout le monde se pose : que devient le patient si le professionnel n’est pas assuré. L’article L.1142-15 du code de la santé publique organise la réponse. Dans le cadre de la procédure de règlement amiable devant une commission de conciliation et d’indemnisation, lorsque le responsable des dommages n’est pas assuré, ou que la couverture est épuisée ou expirée, ou encore que l’assureur garde le silence, l’ONIAM se substitue à l’assureur et indemnise la victime. L’office est ensuite subrogé dans les droits de la victime, à concurrence des sommes versées, et se retourne contre le professionnel. Le juge saisi dans ce cadre peut en outre condamner le responsable à verser à l’office une somme pouvant atteindre 15 % de l’indemnité allouée. Autrement dit, l’absence d’assurance ne fait pas disparaître la dette, elle la déplace, et elle l’alourdit.

À cette cotisation s’ajoute une contribution obligatoire, souvent invisible sur l’avis d’échéance. L’article L.1142-2 renvoie à l’article L.426-1 du code des assurances, qui institue le fonds de garantie des dommages consécutifs à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins. Une contribution forfaitaire annuelle, à la charge des professionnels de santé libéraux, le finance. La loi encadre son montant entre 15 et 25 euros par an, modulable selon la profession, et l’arrêté du 23 avril 2012 la fixe à 15 euros pour les infirmiers. Elle est collectée par l’assureur avec la cotisation.

Textes à consulter directement : article L.1142-2, article R.1142-4, article L.1142-28, article L.1142-15, décret n° 2011-2030 du 29 décembre 2011 et arrêté du 23 avril 2012.

La responsabilité n’est qu’un volet de votre exercice. Nous avons rassemblé les autres guides utiles à l’infirmière et à l’infirmier libéral.

Un seul geste, trois responsabilités qui ne se confondent pas

Une même erreur peut déclencher trois procédures indépendantes, devant trois juges différents, avec trois conséquences différentes. Elles peuvent se cumuler, et l’issue de l’une ne préjuge pas de celle des autres.

La responsabilité civile vise la réparation du dommage subi par le patient. Elle suppose une faute, un dommage et un lien entre les deux. Elle se solde par le versement de dommages et intérêts. C’est la seule des trois que votre RCP prend en charge, et c’est la raison de son existence.

La responsabilité pénale vise la sanction d’une infraction, par exemple des blessures involontaires ou un homicide involontaire. Elle est personnelle et ne peut pas être assurée : aucun contrat ne paiera une amende pénale à votre place. En revanche, la garantie défense pénale et recours prend en charge les frais de votre défense.

La responsabilité disciplinaire se joue devant les chambres disciplinaires de l’ordre des infirmiers. Elle sanctionne un manquement au code de déontologie, indépendamment de tout dommage. Un patient, sa famille, un confrère ou un conseil de l’ordre peuvent saisir cette juridiction. Les peines vont de l’avertissement à la radiation, en passant par l’interdiction temporaire d’exercer, avec ou sans sursis. Une interdiction d’exercer, même de quinze jours, arrête votre activité et votre chiffre d’affaires. Aucune RCP ne compense cette perte.

Retenez ceci : les procédures pénale et disciplinaire sont indépendantes. La chambre disciplinaire n’a pas à attendre l’issue du pénal pour statuer si les pièces du dossier lui suffisent.

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Trois décisions réelles, et ce qu'elles changent pour vous

Les exemples de fautes professionnelles que l’on trouve en ligne sont le plus souvent des cas d’école, ou des affaires d’hôpital qui ne vous concernent pas. Les trois décisions ci dessous concernent l’exercice libéral. Elles sont publiées, datées et numérotées. Vous pouvez les lire vous même.

Modifier une prescription sans en référer : deux mois d'interdiction d'exercer

Chambre disciplinaire nationale de l’ordre des infirmiers, affaire n° 42-2023-00557/568, audience publique du 9 juin 2025, décision rendue publique le 15 octobre 2025.

Un infirmier libéral prend en charge un patient en hospitalisation à domicile et doit lui administrer un antibiotique en perfusion par cathéter central. Le protocole prévoit une dilution dans une poche de cent millilitres, passée en vingt minutes au minimum. Il choisit de l’administrer en seringue de vingt millilitres. Le cathéter se bouche, il transperce la tubulure, et laisse le patient seul. Il intervenait ce jour là en remplacement d’une consœur.

La chambre retient qu’il s’est affranchi de la prescription médicale et a décidé seul de la modifier, dans des conditions non conformes aux données acquises de la science, sans en référer au service d’hospitalisation à domicile. Les articles R.4312-10, R.4312-32, R.4312-42, R.4312-43 et R.4312-67 du code de la santé publique sont visés. La sanction est de deux mois d’interdiction d’exercer, dont un mois et demi avec sursis, après réformation de la décision de première instance qui avait retenu trois mois.

Ce que ça change pour vous. Le patient n’a subi aucune conséquence sur sa santé, l’infirmier a reconnu son erreur et suivi une formation de son propre chef. Il a tout de même été interdit d’exercer quinze jours fermes. Il n’y a eu ni dommage, ni indemnisation, ni intervention de la RCP : la procédure a été purement disciplinaire. L’adaptation d’un protocole en tournée, même de bonne foi, même sans conséquence, suffit à ouvrir ce risque. Le réflexe qui protège tient en un appel : en cas de doute, on vérifie auprès du prescripteur avant, jamais après.

Consulter la décision sur le site de l’ordre national des infirmiers

Aucun soin reproché, mais pas de dossier de soins : sanction confirmée

Chambre disciplinaire nationale de l’ordre des infirmiers, affaire n° 59-2020-00304, audience publique du 20 novembre 2020, décision rendue publique le 23 décembre 2020.

Une infirmière libérale suit à domicile une patiente atteinte d’une sclérose en plaques très invalidante, deux passages par jour pendant plus de trois mois. L’état de la patiente se dégrade nettement sur la période, avec une dénutrition marquée. La famille dépose plainte pour de nombreux griefs : rupture de la continuité des soins, négligences, cotations abusives, déloyauté.

La chambre écarte l’ensemble de ces griefs, un par un. Elle écarte même le reproche de ne pas avoir alerté le médecin traitant, en relevant que celui ci se rendait régulièrement au chevet de la patiente et que l’infirmière n’était pas destinataire des analyses. Un seul point est retenu : elle n’a jamais été en mesure de produire le dossier de soins infirmiers, qui aurait permis à elle même, à ses remplaçantes et aux médecins d’apprécier les actes effectués et ses propres constatations sur l’évolution de la patiente. La chambre juge ce manquement établi et sérieux. Sanction : avertissement, injonction de suivre une formation d’au moins deux journées sur la tenue du dossier de soins et la prise en charge globale, et condamnation à verser 1 500 euros aux plaignantes au titre des frais de procédure.

Ce que ça change pour vous. Ce n’est pas la qualité des soins qui a été sanctionnée ici, c’est l’absence de trace. Le dossier de soins infirmiers n’est pas une formalité administrative : l’article R.4312-35 du code de la santé publique impose de l’établir pour chaque patient, et c’est lui qui vous permet de démontrer ce que vous avez fait quand la contestation arrive deux ans plus tard. Sans lui, vous êtes en défense sans pièces. Notez aussi que les 1 500 euros de frais ne relèvent ni de la RCP ni de la défense pénale, mais de la protection juridique.

Consulter la décision sur le site de l’ordre national des infirmiers

Une injection mal maîtrisée engage la responsabilité civile

Cour de cassation, première chambre civile, 6 juin 2000, pourvoi n° 97-18.082, publié au bulletin.

Une infirmière libérale pratique une injection intramusculaire sur une enfant de sept ans, angoissée et agitée, en l’absence de sa mère, avec l’aide de sa sœur aînée de quatorze ans. L’injection atteint le nerf sciatique et laisse des séquelles. Sa responsabilité civile est retenue.

Le raisonnement est plus large que la seule maladresse. Les juges retiennent qu’en procédant ainsi elle avait pris le risque de ne pas pouvoir contenir suffisamment une enfant dans une situation douloureuse, et n’avait donc pas pris les précautions adaptées aux circonstances.

Ce que ça change pour vous. La faute ne se limite pas au geste lui même, elle englobe les conditions dans lesquelles vous décidez de le pratiquer. Reporter un soin, exiger la présence d’un accompagnant, refuser des conditions dégradées : ces décisions vous protègent autant qu’elles protègent le patient. C’est ici, et seulement ici, que la garantie de responsabilité civile professionnelle intervient, en prenant en charge l’indemnisation due à la victime.

Ce que couvre votre contrat, et ce qu'il ne couvre pas

Ce que les infirmières et les infirmiers libéraux appellent « la RCP » est presque toujours un contrat qui réunit quatre

garanties distinctes. Les confondre, c’est se croire couvert là où on ne l’est pas.

Garantie Ce qu'elle couvre Ce qu'elle ne couvre pas
Responsabilité civile professionnelle Les dommages causés au patient dans l'acte de soin : erreur d'administration, geste technique, défaut de surveillance. Tout ce qui survient en dehors de l'acte de soin. Les amendes pénales. Vos propres dommages.
Responsabilité civile exploitation Les dommages causés en dehors du soin : une chute au cabinet, un objet cassé au domicile du patient, un dégât des eaux. Les dommages liés à l'acte de soin lui même, qui relèvent de la garantie précédente.
Défense pénale et recours Les frais de votre défense si une procédure pénale est engagée, et l'action en recouvrement contre un tiers responsable de votre dommage. Le paiement de l'amende, qui reste personnelle et ne peut pas être assurée.
Protection juridique professionnelle Les litiges qui ne relèvent d'aucune des trois précédentes : conflit avec un confrère, contentieux de remplacement, litige avec la caisse, procédure disciplinaire. L'indemnisation du patient, qui relève de la responsabilité civile professionnelle.
Vos propres accidents corporels Rien. Aucune de ces quatre garanties n'intervient. Chute dans un escalier, accident de trajet, lombalgie au transfert : ce besoin relève de la prévoyance, pas de la RCP.

La dernière ligne est la confusion la plus fréquente et la plus coûteuse. Sur les contrats consultés, l’assureur l’écrit lui même : sous l’intitulé des besoins ne pouvant être assurés par ce contrat, les accidents corporels de la professionnelle ou du professionnel constituent la seule ligne mentionnée. Une infirmière qui se blesse pendant sa tournée n’est pas indemnisée par sa RCP. Ce que vous perdez alors, c’est votre revenu, et c’est un sujet de prévoyance, traité dans notre page sur la protection sociale de la première année d’installation et dans celle consacrée à l’arrêt maladie de l’infirmière libérale.

Plusieurs garanties sont par ailleurs hors du socle et font l’objet d’options facturées séparément : les dommages aux biens, les pertes financières, le bris de matériel électrique ou électronique, les transports privés, la protection juridique des locaux professionnels. Deux contrats affichant le même intitulé peuvent donc ne pas couvrir la même chose.

Combien coûte une RCP pour une infirmière ou un infirmier libéral

Les prix annoncés sur les pages concurrentes vont du simple au septuple pour ce qui semble être le même produit. Aucune n’indique sa base de calcul, sa période, ni le profil concerné. L’explication n’est pas que certaines seraient mieux placées que d’autres : elles ne parlent tout simplement pas du même périmètre. Les unes chiffrent la responsabilité civile seule, les autres un contrat complet avec protection juridique, les dernières une multirisque professionnelle incluant les locaux et le matériel.

Nous publions donc l’inverse : une décomposition ligne à ligne, à partir de contrats réels, pour que vous puissiez comparer ce qui est comparable. Le premier tableau montre où part la cotisation. Le second donne la fourchette observée.

Où part réellement la cotisation, sur trois contrats documentés

Contrat Cotisation annuelle TTC Défense pénale et recours Protection juridique RC professionnelle et exploitation
A 126,60 € 25,97 € 36,00 € 64,63 €
B 148,08 € 28,20 € 44,28 € 75,60 €
C 140,04 € 28,26 € 40,80 € 70,98 €

Fourchette observée sur six contrats, infirmières et infirmiers libéraux exerçant en remplacement

Cotisation annuelle TTC Équivalent mensuel (cotisation divisée par 12)
126 €10,50 €
138 €11,50 €
140 €11,67 €
148 €12,33 €
148 €12,33 €
149 €12,42 €
Médiane : 144 € Amplitude : 126 € à 149 €

Données établies à partir de six contrats souscrits par l'intermédiaire du cabinet entre le 1er janvier et le 1er juillet 2026, pour des infirmières et infirmiers libéraux exerçant en remplacement. Garanties : responsabilité civile exploitation, responsabilité civile professionnelle, défense pénale et recours, protection juridique, à niveau de garantie identique. Montants annuels toutes taxes comprises, contribution au fonds de garantie incluse, sans frais de dossier ni droit d'adhésion. La décomposition détaillée porte sur trois de ces contrats. Certains bénéficient d'une remise tarifaire de première année d'assurance. Échantillon réduit issu d'un seul produit d'assurance. Ces montants sont donnés à titre indicatif, ne constituent ni un devis ni un engagement tarifaire, et ne préjugent pas du tarif applicable à une situation particulière.

Premier constat : environ la moitié de ce que vous payez pour votre « RCP » ne couvre pas la responsabilité civile professionnelle. Sur les trois contrats, la part que représentent la défense pénale et recours et la protection juridique s’établit entre 48,9 % et 49,3 % de la cotisation. Ces garanties sont utiles, la décision n° 59-2020-00304 citée plus haut le montre bien, mais elles ne sont pas ce que vous croyez acheter quand vous demandez un devis de RCP.

Deuxième constat : la responsabilité civile professionnelle proprement dite revient à moins de 80 euros par an, entre 64,63 et 75,60 euros sur les trois contrats documentés.

Troisième constat : sur un produit identique et une même période, l’écart réel va de 1 à 1,2, pas de 1 à 7. Un devis très au dessus de cette fourchette ne signale pas nécessairement une meilleure garantie. Il signale un périmètre différent, et c’est ce qu’il faut aller vérifier ligne à ligne, en comparant les intitulés de garanties et les plafonds, pas les totaux.

Attention aux fourchettes basses affichées en ligne. Le contrat le moins cher de cette série porte une mention explicite : remise tarifaire accordée au titre de la création d’entreprise, pour la première année d’assurance. La cotisation remonte ensuite. Une part des tarifs très bas que l’on trouve sur internet correspond à des conditions de première année d’installation, qui ne se reconduisent pas. Vérifiez toujours si le montant annoncé est un tarif de première année ou un tarif courant.

Et si vous êtes titulaire ? Les chiffres ci dessus portent sur des remplaçantes et des remplaçants. Une installation à titre principal fait mécaniquement monter la cotisation, pour des raisons de périmètre assuré : la présence d’un local professionnel et sa qualité d’occupation, l’existence de salariés, le matériel détenu, l’étendue réelle de l’activité et les antécédents. La logique de tarification est la même, l’assiette est plus large.

Les variables qui font bouger le curseur, dans tous les cas :

  • le statut : remplaçante, collaborateur ou titulaire
  • la présence ou non d’un local professionnel, et la qualité d’occupation
  • l’existence de salariés
  • les antécédents de sinistre sur cinq ans
  • le niveau de plafond retenu au delà du minimum légal
  • l’inclusion ou non de la protection juridique, et son niveau
  • la remise éventuelle de première année d’assurance


Le prix n’est pas la seule variable, et ce point est rarement écrit.
Sur les contrats consultés, la garantie de responsabilité civile professionnelle médicale n’est accordée qu’en l’absence de sinistre RCP déclaré au cours des cinq années précédant la souscription. Le questionnaire d’adhésion porte également sur les résiliations prononcées par un précédent assureur, pour sinistre comme pour non paiement.

Autrement dit, l’accès au contrat lui même peut vous être refusé. Répondez avec exactitude : une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat, les cotisations restant acquises à l’assureur (article L.113-8 du code des assurances), et une déclaration inexacte de bonne foi entraîne une réduction de l’indemnité proportionnelle à la prime (article L.113-9). Dans les deux cas, vous découvrez le problème au moment du sinistre.

Vous pouvez faire le point sur votre couverture actuelle depuis notre page assurance pour infirmière et infirmier libéral.

Le cas de la remplaçante et du remplaçant

Oui, la RCP est obligatoire quand vous exercez en remplacement. L’article L.1142-2 du code de la santé publique vise tout professionnel de santé exerçant à titre libéral, sans distinction de statut. Vous exercez en votre nom propre, sous votre numéro d’inscription à l’ordre, et vous engagez votre responsabilité personnelle. Le contrat de la titulaire ne vous couvre pas.

La décision n° 42-2023-00557/568 citée plus haut est d’ailleurs sans ambiguïté sur ce point : l’infirmier sanctionné intervenait ce jour là en remplacement d’une consœur, et cette circonstance n’a atténué en rien sa responsabilité.

Trois points méritent votre attention. D’abord, le contrat de remplacement écrit n’est pas facultatif, et son absence est un manquement déontologique en soi. Ensuite, la rétrocession d’honoraires ne change rien à votre obligation d’assurance : vous restez assuré à titre personnel, quel que soit le pourcentage reversé. Enfin, votre couverture court sur la durée du contrat d’assurance, pas sur vos seules journées travaillées, ce qui signifie que les périodes creuses entre deux remplacements restent couvertes tant que votre contrat est en vigueur, mais aussi que la cotisation reste due.

Questions fréquentes

La RCP est-elle obligatoire pour une infirmière ou un infirmier libéral ?

Oui, sans exception. L’article L.1142-2 du code de la santé publique l’impose à tout professionnel de santé exerçant à titre libéral, titulaire, collaborateur ou remplaçant. Le manquement est un délit puni de 45 000 euros d’amende, avec une peine complémentaire possible d’interdiction d’exercer (article L.1142-25). Les plafonds du contrat ne peuvent être inférieurs à 8 millions d’euros par sinistre et 15 millions d’euros par année d’assurance.

La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés au patient dans l’acte de soin : une erreur d’administration, un geste technique, un défaut de surveillance. La responsabilité civile exploitation couvre les dommages causés en dehors du soin : un patient qui chute dans votre cabinet, un objet cassé à son domicile, un dégât matériel. Les deux figurent généralement dans le même contrat, mais elles ne se remplacent pas l’une l’autre.

C’est un cas fréquent et prévu par les textes. L’action se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage, et non de la date du soin (article L.1142-28 du code de la santé publique). Une consolidation tardive repousse donc d’autant le délai. Côté assurance, les contrats fonctionnent en base réclamation (article L.251-2 du code des assurances) : c’est la date de la réclamation qui déclenche la garantie. Après la fin de votre activité, le dernier contrat conclu avant cessation ou décès continue de couvrir les réclamations pendant une durée qui ne peut être inférieure à dix ans. C’est aussi pour cette raison qu’un dossier de soins tenu à jour reste votre meilleure pièce de défense des années plus tard.

Non. La responsabilité civile professionnelle indemnise les dommages causés à un patient, pas les litiges vous opposant à l’assurance maladie. Un indu, un contrôle de cotation ou une procédure pour facturation non conforme relèvent de la protection juridique professionnelle, à condition que votre contrat la comprenne et que le litige entre dans son champ. Vérifiez cette ligne précise sur vos conditions particulières : c’est souvent celle qui manque.

Uniquement par votre propre contrat. Le contrat de la titulaire que vous remplacez ne vous couvre pas : vous exercez en votre nom, sous votre numéro d’inscription à l’ordre, et vous engagez votre responsabilité personnelle. Déclarez votre activité de remplacement à votre assureur, car le périmètre déclaré conditionne la garantie. Pensez également au contrat de remplacement écrit, dont l’absence constitue un manquement déontologique.

Quatre réflexes, dans cet ordre. Déclarez sans attendre à votre assureur ou à votre courtier, en respectant le délai prévu à vos conditions générales. Rassemblez immédiatement le dossier de soins, les prescriptions et les transmissions relatives au patient concerné. Ne répondez pas seul au patient ou à sa famille, et surtout ne reconnaissez aucune responsabilité par écrit, car cela peut être opposé à votre assureur. Vérifiez enfin si votre contrat comprend la défense pénale et recours ou la protection juridique, et faites les activer dès le premier courrier plutôt qu’à l’audience.

Le cabinet accompagne au quotidien des infirmières et des infirmiers libéraux sur ce risque, de la première installation aux situations de sinistre déclaré. Les données publiées sur cette page sont issues de contrats réellement souscrits par notre intermédiaire, et non d’estimations de marché.

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ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l'ACPR.

Article mis à jour le :

20 septembre 2026
Vincent Legac, gérant d'ADENOR Courtage

Rédigé et validé par

Vincent Legac

Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.

Courtier depuis 2015, spécialisé dans la protection des professionnels de santé libéraux : responsabilité civile professionnelle, prévoyance, mutuelle et retraite.

Immatriculation vérifiable sur orias.fr.