Micro-entreprise ou régime réel : pour un psychologue qui s’installe, la question se règle presque toujours sur les charges et l’impôt. C’est légitime, mais incomplet. Le statut choisi modifie aussi la base de calcul des indemnités journalières, la déductibilité de la prévoyance et le niveau des droits acquis à la CIPAV. Cette page pose les règles 2026, vérifiées à la source, et montre ce que chaque statut change sur votre protection. Elle ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable pour l’arbitrage final.
L’essentiel, en cinq points
- Pour 2026 à 2028, la micro-entreprise s’applique tant que les recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 € HT, avec une sortie seulement après deux années consécutives de dépassement. (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- En micro-BNC, le revenu imposable est calculé après un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €, sans déduction des charges réelles. (article 102 ter du CGI, BOFiP)
- Les cotisations sociales d’un psychologue micro-entrepreneur affilié à la CIPAV représentent 23,2 % du chiffre d’affaires encaissé depuis le 1er juillet 2024. (urssaf.fr)
- Les soins dispensés par un praticien autorisé à faire usage du titre de psychologue sont exonérés de TVA, quel que soit le statut. (article 261, 4, 1° du CGI, BOFiP)
- En micro-entreprise, les indemnités journalières de la CPAM sont calculées sur le chiffre d’affaires diminué de l’abattement de 34 %. (ameli.fr, 1er septembre 2026)
Un psychologue libéral peut-il exercer en micro-entreprise ?
Oui, un psychologue libéral peut exercer en micro-entreprise : la profession relève de la CIPAV pour sa retraite, ce qui la rend compatible avec le régime micro-social, et le régime micro s’applique de plein droit tant que les recettes annuelles hors taxes ne dépassent pas 83 600 € sur la période 2026 à 2028.
Ce plafond a été revalorisé pour 2026, 2027 et 2028, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Un dépassement isolé ne fait pas sortir du régime : il faut deux années civiles consécutives au-dessus du seuil pour basculer au régime réel au 1er janvier suivant. L’année de création, le seuil est proratisé selon le nombre de jours d’activité.
Une idée reçue mérite d’être corrigée : auto-entrepreneur et micro-entrepreneur ne sont pas deux statuts différents. Il s’agit du même régime, qui combine une fiscalité simplifiée (le micro-BNC) et un calcul simplifié des cotisations sociales (le micro-social). Une psychologue installée en micro-entreprise est donc bien une psychologue libérale, avec les mêmes obligations professionnelles que ses confrères au réel.
Les cotisations sociales en micro-entreprise
Au 1er janvier 2026, un psychologue micro-entrepreneur affilié à la CIPAV verse des cotisations égales à 23,2 % du chiffre d’affaires encaissé, taux en vigueur depuis le 1er juillet 2024 selon urssaf.fr. Ce taux global finance l’assurance maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire et le régime invalidité-décès. Une contribution à la formation professionnelle s’y ajoute. Sans encaissement sur une période, aucune cotisation n’est due, mais la déclaration reste obligatoire.
L’impôt : abattement de 34 % et versement libératoire
Le psychologue en micro-BNC déclare ses recettes, et l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €, représentatif de toutes ses charges, conformément à l’article 102 ter du Code général des impôts (BOFiP). Aucune charge réelle ne peut être déduite en plus.
Sur option, et si le revenu fiscal de référence du foyer ne dépasse pas un seuil fixé chaque année, l’impôt peut être payé au fil de l’eau avec les cotisations : c’est le versement libératoire, au taux de 2,2 % du chiffre d’affaires pour les activités BNC, selon autoentrepreneur.urssaf.fr. Ce versement est définitif, même si le foyer aurait été non imposable : l’option se simule avant d’être prise.
Un psychologue en micro-entreprise doit-il facturer la TVA ?
Non, pour l’essentiel de son activité : les soins dispensés aux personnes par un praticien autorisé à faire usage du titre de psychologue sont exonérés de TVA en application du 1° du 4 de l’article 261 du Code général des impôts, que le psychologue exerce en micro-entreprise ou au régime réel.
La doctrine fiscale le confirme dans le BOFiP : l’exonération vise les soins, et le praticien n’y a droit qu’au titre des actes réalisés à compter de la confirmation de son inscription par l’autorité compétente. Pour les consultations, la franchise en base de TVA propre aux micro-entrepreneurs est donc sans objet : c’est l’exonération de l’article 261 qui s’applique, pas celle de l’article 293 B.
La franchise en base garde un intérêt pour les activités qui ne sont pas des soins. En 2026, elle s’applique aux prestations de services tant que le chiffre d’affaires de l’année précédente ne dépasse pas 37 500 € et celui de l’année en cours 41 250 €, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Formations, supervision de confrères, conférences ou interventions en entreprise ne relèvent pas nécessairement de l’exonération des soins : leur régime se vérifie activité par activité avec un expert-comptable.
Sur les factures de consultations, la mention porte sur la disposition d’exonération (article 261, 4, 1° du CGI), et non sur la franchise en base. Si vous exercez aussi une activité annexe, faites valider par votre expert-comptable la mention et le régime de TVA applicables à chaque type de prestation.
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Quand un psychologue a-t-il intérêt au régime réel ?
Le régime de la déclaration contrôlée impose le psychologue libéral sur son bénéfice réel, c’est-à-dire ses recettes diminuées des charges effectivement payées, au lieu d’un abattement forfaitaire de 34 % ; il devient en principe plus favorable fiscalement lorsque les charges réelles dépassent durablement ce taux.
Le régime réel s’impose au psychologue qui dépasse le seuil de la micro-entreprise deux années de suite. En dessous, il peut être choisi sur option, dans les conditions prévues à l’article 102 ter du Code général des impôts. Le psychologue tient alors une comptabilité des recettes et des dépenses et dépose chaque année une déclaration de résultats.
Les charges déductibles couvrent notamment le loyer du cabinet, le matériel, les logiciels, la formation, la supervision, l’assurance de responsabilité civile professionnelle et les cotisations sociales obligatoires. Un psychologue installé qui loue un cabinet en centre-ville dépasse souvent 34 % de charges ; une psychologue qui consulte à domicile ou en sous-location ponctuelle en reste souvent loin. Le seuil de bascule dépend de votre situation, pas d’une règle générale.
Qu’est-ce que le statut change sur la protection du psychologue ?
Le statut change trois choses sur la protection du psychologue libéral : la base de calcul des indemnités journalières versées par la CPAM, la possibilité de déduire ses cotisations de prévoyance et de complémentaire santé de son revenu imposable, et le niveau des droits acquis à la CIPAV, proportionnels aux cotisations versées.
| Ce qui change | Micro-entreprise | Régime réel |
|---|---|---|
| Revenu retenu pour les indemnités journalières CPAM | Chiffre d’affaires diminué de l’abattement de 34 % | Revenu d’activité (bénéfice) sur lequel le psychologue a cotisé |
| Base minimale pour les indemnités journalières | Aucune base minimale de cotisation | Une base minimale s’applique |
| Indemnité journalière maximale | 197,51 € brut par jour | 197,51 € brut par jour |
| Cotisations de prévoyance et de santé | Non déductibles : l’abattement forfaitaire couvre toutes les charges | Déductibles du bénéfice, dans les limites de l’article 154 bis du CGI |
| Cotisations CIPAV (retraite, invalidité-décès) | 23,2 % du chiffre d’affaires, strictement proportionnelles | Calculées sur le revenu, selon le barème de chaque régime |
| Garantie frais professionnels d’une prévoyance | Charges non tenues en comptabilité : justification à prévoir selon les contrats | Charges visibles en comptabilité : dimensionnement plus direct selon les contrats |
Les indemnités journalières : l’abattement joue dans les deux sens
Depuis le 1er juillet 2021, les psychologues libéraux, micro-entrepreneurs compris, perçoivent des indemnités journalières de la CPAM du 4e au 90e jour d’arrêt, sous condition de 12 mois d’affiliation. L’idée qu’un psychologue en micro-entreprise n’aurait droit à rien date d’avant cette réforme. Selon ameli.fr, l’indemnité est égale à 1/730e du revenu annuel moyen des trois années civiles précédentes, et pour un micro-entrepreneur, ce revenu est le chiffre d’affaires diminué de 34 %.
Prenons une psychologue qui encaisse 45 000 € par an pendant trois ans. En micro-entreprise, le revenu retenu est de 29 700 €, soit une indemnité d’environ 40,68 € par jour. Au réel, avec 30 % de charges, son bénéfice atteindrait 31 500 € et l’indemnité environ 43,15 € ; avec 45 % de charges, le bénéfice tomberait à 24 750 € et l’indemnité à environ 33,90 €. L’abattement ne pénalise donc que celui qui a peu de charges. Exemple simplifié, à revenu constant : le calcul complet est détaillé sur la page arrêt maladie du psychologue libéral.
Le vrai point de vigilance en micro-entreprise est l’absence de plancher. Selon lacipav.fr, les micro-entrepreneurs n’ont pas de base minimale de cotisation, et un revenu moyen inférieur à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale ne donne droit à aucune indemnité. Un psychologue qui démarre doucement peut donc remplir la condition d’affiliation sans rien percevoir. Et quel que soit le statut, au 1er janvier 2026, la CIPAV ne verse aucune indemnité journalière après le 90e jour : ce relais relève d’une prévoyance du psychologue libéral.
Prévoyance et santé : déductibles au réel, pas en micro
Au régime réel, les primes des contrats couvrant l’incapacité de travail, l’invalidité, le décès et les frais de santé sont déductibles du bénéfice non commercial, dans les conditions et limites de l’article 154 bis du CGI, à condition que le contrat respecte les exigences posées par ce texte (BOFiP). En micro-entreprise, cette déduction n’existe pas : l’abattement de 34 % est réputé couvrir toutes les charges, protection comprise.
À garanties identiques, le coût net d’une même prévoyance n’est donc pas le même selon le statut. Ce n’est pas une raison suffisante pour changer de régime, mais c’est une ligne à intégrer dans la comparaison. Le traitement fiscal des prestations perçues en cas d’arrêt peut aussi dépendre de ce choix : le point se vérifie avec un expert-comptable avant de souscrire.
CIPAV : des droits proportionnels à ce qui est cotisé
La retraite de base, la retraite complémentaire et le régime invalidité-décès de la CIPAV sont financés par les cotisations. En micro-entreprise, ces cotisations suivent strictement le chiffre d’affaires encaissé : une année faible produit des droits faibles, sans minimum. Au réel, les cotisations sont calculées sur le revenu selon le barème de chaque régime. Aucun statut ne garantit un niveau de pension : les droits se consultent sur votre espace CIPAV. Les effets de l’ACRE et de la première année sont traités sur la page première année du psychologue libéral.
La garantie frais professionnels : à relier aux charges réelles
Certains contrats de prévoyance proposent, selon les contrats, une garantie qui prend en charge les frais professionnels fixes pendant un arrêt : loyer du cabinet, abonnements, charges récurrentes. Sa pertinence dépend du niveau réel de vos charges fixes, pas du statut en lui-même. En micro-entreprise, ces charges ne figurent dans aucune comptabilité : les modalités de justification varient selon les contrats et se vérifient dans vos conditions générales et particulières avant la souscription.
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Un psychologue peut-il exercer en société ?
Oui, un psychologue libéral peut aussi exercer en société, par exemple sous forme de société d’exercice libéral, ce qui modifie son régime social, sa fiscalité et son mode de rémunération ; ce choix, plus lourd à gérer, se justifie en général à un niveau d’activité ou dans un projet d’association que la micro-entreprise ne vise pas. La forme de la société détermine le régime social du dirigeant et donc la nature de sa protection : une psychologue gérante majoritaire ne relève pas des mêmes règles qu’un président de société assimilé salarié. Ces montages dépassent le cadre de cette page et se construisent avec un expert-comptable, voire un avocat.Quand se faire accompagner par un expert-comptable ?
Un psychologue libéral a intérêt à consulter un expert-comptable avant de choisir entre micro-entreprise et régime réel, puis à chaque changement notable de situation : approche du seuil de 83 600 €, hausse des charges, activité annexe soumise à TVA, association ou projet de société. Quelques situations justifient un rendez-vous plutôt qu’un simulateur en ligne :- vous louez ou achetez un cabinet et vos charges fixes vont dépasser un tiers de vos recettes ;
- vous ajoutez des formations, de la supervision ou des interventions en entreprise à vos consultations ;
- vous exercez en mixte, salarié et libéral, et votre foyer approche des seuils du versement libératoire ;
- vous envisagez de vous associer ou de créer une société d’exercice.
Le statut n’est qu’une des questions de l’installation : voyez notre répertoire des ressources pour psy libéral.
Un psychologue peut-il être auto-entrepreneur ?
Oui. Le psychologue libéral est affilié à la CIPAV pour sa retraite, ce qui le rend compatible avec le régime de la micro-entreprise, aussi appelé auto-entreprise : les deux termes désignent le même régime. Il s’applique de plein droit tant que les recettes annuelles hors taxes ne dépassent pas 83 600 € sur la période 2026 à 2028. Le statut ne change rien aux obligations professionnelles : titre protégé, inscription au RPPS, secret professionnel. Il change en revanche le calcul des cotisations, de l’impôt et des indemnités journalières. Le choix entre micro-entreprise et régime réel se fait idéalement avec un expert-comptable, en tenant compte du niveau réel de vos charges.
Quel est le plafond de chiffre d’affaires en micro-entreprise pour un psychologue en 2026 ?
Au 1er janvier 2026, le plafond est de 83 600 € de recettes hors taxes par an pour les activités libérales relevant des BNC, contre 77 700 € auparavant. Ce seuil vaut pour 2026, 2027 et 2028, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Un dépassement isolé ne fait pas perdre le régime : il faut dépasser le seuil deux années civiles consécutives pour passer au régime réel au 1er janvier suivant. L’année de création, le plafond est proratisé selon le nombre de jours d’activité. Ce seuil n’a aucun lien avec celui de la franchise en base de TVA, fixé à 37 500 € pour les prestations de services, qui ne concerne pas les consultations exonérées.
Un psychologue doit-il facturer la TVA ?
Non pour ses consultations. Les soins dispensés aux personnes par un praticien autorisé à faire usage du titre de psychologue sont exonérés de TVA en application de l’article 261, 4, 1° du Code général des impôts, quel que soit le statut. La franchise en base réservée aux petites entreprises est donc sans objet pour ces actes. Les activités qui ne sont pas des soins, comme certaines formations, la supervision de confrères, les conférences ou les interventions en entreprise, ne relèvent pas nécessairement de cette exonération. Leur régime de TVA se vérifie au cas par cas avec un expert-comptable, tout comme la mention à porter sur les factures.
En micro-entreprise, a-t-on droit aux indemnités journalières ?
Oui. Depuis le 1er juillet 2021, les psychologues libéraux, micro-entrepreneurs compris, perçoivent des indemnités journalières de la CPAM du 4e au 90e jour d’arrêt, après 12 mois d’affiliation. L’indemnité est égale à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années civiles, ce revenu étant, en micro-entreprise, le chiffre d’affaires diminué de l’abattement de 34 %. Elle est plafonnée à 197,51 € brut par jour pour les arrêts débutant depuis le 1er janvier 2026. Point de vigilance : en micro-entreprise, il n’existe pas de base minimale, et un revenu trop faible peut ne donner droit à aucune indemnité. Au-delà du 90e jour, la CIPAV ne verse rien.
Peut-on déduire sa prévoyance en micro-entreprise ?
Non. En micro-entreprise, le revenu imposable est calculé après un abattement forfaitaire de 34 % censé couvrir toutes les charges, et aucune dépense ne peut être déduite en plus, cotisations de prévoyance et de complémentaire santé comprises. Au régime réel, ces cotisations sont déductibles du bénéfice dans les conditions et limites de l’article 154 bis du Code général des impôts, si le contrat respecte les exigences de ce texte. À garanties égales, le coût net d’une prévoyance diffère donc selon le statut. Cette différence ne justifie pas à elle seule un changement de régime : elle s’intègre dans la comparaison globale, à faire avec un expert-comptable.
Rédigé et validé par
Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.
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